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Provinces du Sud : l’État poursuit son effort de soutien aux prix alimentaires


Le gouvernement a consacré 64 millions de dirhams au cours des huit premiers mois de 2026 au soutien des prix de certains produits alimentaires destinés aux populations des provinces du Sud. Ce dispositif vise à maintenir ces produits à des prix accessibles pour les consommateurs concernés.

Compensation au Maroc : le gaz butane coûte plus cher, la facture du sucre recule de 39 %

Gaz butane : une subvention en hausse de 15,6 %

La hausse des cours internationaux se répercute sur les finances publiques. Entre janvier et août 2026, la subvention moyenne accordée par l’État à une bonbonne de gaz butane de 12 kg s’est établie à 61,79 DH, contre 53,47 DH durant la même période de 2025, soit une progression de 15,6 %.

Dans ce contexte, la charge prévisionnelle de compensation du gaz butane pourrait atteindre 9 milliards de DH, contre 8,6 milliards un an auparavant, en hausse de près de 5 %.

Cette évolution illustre la sensibilité du budget de compensation aux fluctuations des marchés internationaux de l’énergie, alors que le soutien public vise à limiter les répercussions de ces variations sur les consommateurs.

Sucre : la charge nette recule de près de 39 %

À l’inverse, l’évolution des cours du sucre brut a contribué à alléger la facture publique. La baisse des prix internationaux a permis d’anticiper une restitution à l’importation en faveur de l’État de 700 millions de DH sur les huit premiers mois de 2026, contre une charge de 300 millions de DH durant la même période de 2025.

Pour le sucre raffiné, dont la subvention forfaitaire reste fixée à 3,67 DH par kilogramme, la charge de soutien à la consommation pourrait atteindre 2,7 milliards de DH, en recul de 10,8 % sur un an.

Au total, la charge nette du soutien au sucre brut et raffiné devrait ainsi s’établir à 2 milliards de DH, contre 3,3 milliards un an auparavant. Cela représente une diminution de près de 1,3 milliard de DH, soit environ 39 %.

Blé tendre : le recul des cours limite les besoins de compensation

La baisse des cours internationaux du blé tendre a également contribué à contenir les dépenses publiques. Entre janvier et août 2026, le prix de revient à l’importation est resté inférieur au prix cible de 270 DH le quintal. Le mécanisme de restitution à l’importation n’a donc pas été activé sur cette période.

En revanche, le soutien à la farine nationale de blé tendre pourrait atteindre 800 millions de DH, contre 700 millions un an auparavant. Ce montant inclut notamment les dépenses de valorisation de la production nationale, dont la prise en charge des frais de stockage et de magasinage.

Malgré cette hausse, la charge globale liée au soutien du blé tendre importé et de la farine nationale s’est établie à 800 millions de DH, en baisse de 16,8 % sur un an.

Transport routier : près de 2,5 milliards de DH de soutien exceptionnel

La flambée des prix du gasoil à la pompe a conduit le gouvernement à réactiver le dispositif exceptionnel de soutien aux professionnels du transport routier.

Cette aide vise à amortir l’augmentation des coûts d’exploitation des transporteurs et à limiter sa répercussion sur les tarifs facturés aux clients. Entre janvier et septembre 2026, le montant global mobilisé en faveur du secteur a atteint 2,488 milliards de DH.

Cette intervention constitue un autre poste de dépense publique lié aux tensions sur les prix de l’énergie. Elle met en évidence le rôle de l’État dans l’absorption d’une partie des chocs de coûts, avec un enjeu central : limiter leur transmission aux prix des biens et des services.

Une compensation soumise à des évolutions contrastées

Les chiffres des huit premiers mois de 2026 font ressortir deux tendances opposées : l’augmentation du coût du soutien au gaz butane et l’allègement de la charge nette liée au sucre et au blé tendre. Le soutien exceptionnel au transport routier complète ce dispositif face au renchérissement du carburant.

L’évolution de ces dépenses dépend ainsi largement des cours internationaux, mais aussi des mécanismes de subvention, des prix cibles et des mesures de soutien activées par les pouvoirs publics. Pour apprécier l’effet réel sur les finances publiques, il convient de distinguer les charges de compensation, les restitutions à l’importation et les aides exceptionnelles au transport.

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