Les restrictions à l’aéroport de Lisbonne profitent aux liaisons de Ryanair vers le Maroc

La secrétaire régionale au Tourisme des Açores estime que l’archipel portugais est la région la plus pénalisée par les contraintes de capacité de l’aéroport de Lisbonne. Selon Berta Cabral, Ryanair conserve les créneaux horaires qu’elle utilisait pour desservir les Açores, désormais affectés à des vols vers le Maroc. L’archipel fait face à onze mois consécutifs de baisse des nuitées touristiques.
Les contraintes de capacité de l’aéroport de Lisbonne continuent de peser sur la connectivité aérienne des Açores. Berta Cabral, secrétaire régionale au Tourisme, à la Mobilité et aux Infrastructures, estime que la région autonome est la plus touchée par les difficultés liées à l’attribution de nouveaux créneaux horaires pour les atterrissages et les décollages.
« La région la plus affectée par ce problème est la région autonome des Açores », a-t-elle déclaré le 23 octobre, lors de l’ouverture de la rencontre annuelle de l’association de tourisme rural Casas Açorianas, organisée à Angra do Heroísmo, sur l’île de Terceira.
Selon la responsable, les Açores disposent de cinq portes d’entrée aériennes pour assurer leurs liaisons avec Lisbonne et Porto, contre deux pour Madère. Cette configuration rend l’archipel particulièrement vulnérable aux restrictions de capacité des aéroports continentaux.
Ryanair redirige ses créneaux vers le Maroc
Au cœur des préoccupations figure le retrait de Ryanair des Açores, intervenu à la fin du mois de mars. Depuis avril, les liaisons entre l’archipel et le Portugal continental sont assurées uniquement par TAP et Azores Airlines, cette dernière appartenant au groupe SATA.
Berta Cabral a rejeté toute responsabilité du gouvernement régional dans le départ de la compagnie à bas coûts, tout en reconnaissant l’importance de sa présence pour la connectivité de l’archipel et sa visibilité sur les marchés internationaux.
La responsable affirme que Ryanair conserve les créneaux horaires dont elle disposait à l’aéroport de Lisbonne pour desservir les Açores, mais qu’elle les utilise désormais pour des vols vers le Maroc.
« Les créneaux horaires à l’aéroport de Lisbonne appartiennent aux compagnies aériennes, et non aux routes », a-t-elle expliqué, selon l’agence portugaise Lusa.
Elle a également mis en avant les différences entre les cadres réglementaires européen et marocain, estimant que les contraintes et les coûts imposés dans l’Union européenne influencent les choix opérationnels de la compagnie.
Onze mois consécutifs de recul des nuitées
Les difficultés de desserte aérienne interviennent dans un contexte défavorable pour le tourisme des Açores. La région enregistre une baisse des nuitées dans les hébergements touristiques depuis onze mois consécutifs, particulièrement marquée sur le marché portugais.
Face à cette situation, le gouvernement régional affirme avoir multiplié les démarches auprès du ministre des Infrastructures, du secrétaire d’État au Tourisme, de l’Autorité nationale de l’aviation civile, de l’opérateur aéroportuaire ANA et de la municipalité de Lisbonne afin d’obtenir une augmentation du nombre de créneaux disponibles.
Ces initiatives n’ont toutefois pas encore permis de débloquer la situation. Berta Cabral souligne que l’insularité et la dispersion géographique des Açores rendent l’accès aérien indispensable au fonctionnement économique et touristique de l’archipel.
Le marché international comme solution de rechange
Pour limiter sa dépendance aux liaisons avec Lisbonne et Porto, la région mise davantage sur les connexions internationales. Selon Berta Cabral, seize compagnies aériennes ont desservi les Açores durant l’été, dont quatorze proposaient des liaisons depuis l’étranger.
La responsable considère le développement de ces dessertes comme une priorité, alors que les possibilités d’augmenter les fréquences depuis le Portugal continental restent limitées.
Pour le Maroc, cette situation illustre la place croissante du Royaume dans le réseau de Ryanair, selon les déclarations de la responsable portugaise. Elle met également en lumière les enjeux économiques de l’accès aux créneaux aéroportuaires : leur disponibilité peut influencer la desserte touristique, la connectivité des territoires et la répartition des capacités entre marchés. Lusa



