Escroquerie financières en ligne : 50 Chinois transférés vers la Chine après le démantèlement de 13 centres à Madagascar

Une vaste opération menée à Madagascar au cours des deux premières semaines de septembre, avec la participation des autorités malgaches et des services judiciaires américains, a permis de démanteler 13 centres spécialisés dans les escroqueries financières en ligne.
Le coup de filet a conduit à plus de 500 arrestations et à la saisie de plus de 3 200 appareils électroniques. Cinquante ressortissants chinois, condamnés à des peines allant de 2 à 10 ans de prison, ont été transférés vers la Chine le 7 septembre pour y purger leurs peines.
Ces structures fonctionnaient comme de véritables « usines numériques », utilisant de nombreux équipements informatiques pour cibler des victimes à travers différents pays. Selon l’article, ces réseaux, autrefois concentrés principalement en Asie du Sud-Est, notamment au Myanmar et au Cambodge, étendent désormais leurs bases opérationnelles à l’Afrique, au Moyen-Orient et à l’Amérique centrale.
40 milliards de dollars de revenus annuels
Le phénomène représente également un enjeu financier majeur. Selon la procureure fédérale de Washington, Jeanine Pirro, les revenus générés par ces centres seraient estimés à près de 40 milliards de dollars par an, dont environ 12 milliards de dollars extorqués aux seuls citoyens américains, selon Sika Finance.
L’opération américaine a notamment ciblé Xinbi Guarantee, une plateforme utilisée pour faciliter certaines activités liées à ces réseaux. Les enquêteurs ont saisi près de 52 millions de dollars en cryptomonnaies et pris le contrôle de canaux Telegram associés à la plateforme.
Xinbi Guarantee comptait plus de 650 000 utilisateurs et aurait notamment servi à la création de faux sites internet et au blanchiment d’argent. Le Trésor américain a également sanctionné la plateforme et deux entités associées.
L’enjeu africain
L’élément particulièrement important pour l’Afrique est le déplacement géographique des infrastructures de fraude. Le continent apparaît désormais comme l’une des nouvelles zones d’implantation de réseaux auparavant fortement concentrés en Asie du Sud-Est.
L’affaire malgache illustre ainsi une mutation du crime financier numérique : les escroqueries peuvent être opérées depuis un pays, cibler des victimes à l’autre bout du monde et utiliser des cryptomonnaies et des plateformes numériques pour déplacer les fonds.



