À quelques jours des élections du 23 septembre 2026, Transparency Maroc publie un premier bilan de son initiative visant à interpeller les partis politiques représentés au Parlement sur trois dossiers liés à la lutte contre la corruption.
L’association avait adressé, le 27 juillet 2026, une lettre aux formations politiques afin de recueillir leurs positions sur trois questions : les nouvelles dispositions de la procédure pénale relatives aux crimes liés aux biens publics, l’enrichissement illicite et le conflit d’intérêts.
Dans un communiqué publié le 10 août 2026, Transparency Maroc avait présenté cette démarche comme une initiative destinée à placer ces questions au cœur du débat public à l’approche du scrutin.
Quatre partis ont répondu
Selon le bilan communiqué par l’association au 15 septembre 2026, quatre formations politiques ont répondu à son interpellation :
- USFP
- PPS
- FGD
- PSU
Transparency Maroc indique saluer les réponses de ces quatre partis, qui ont ainsi communiqué leurs positions sur les trois problématiques soulevées.
Huit partis n’ont pas donné suite
À la même date, huit autres formations interpellées n’avaient pas répondu à la lettre de l’association :
- RNI
- PAM
- Istiqlal
- PJD
- MP
- MDS
- UC
- FFD
Transparency Maroc déclare regretter l’absence de réponse de ces partis, estimant que les questions soulevées revêtent une importance particulière dans le contexte électoral.
Trois sujets au cœur du débat
Au-delà du nombre de réponses, l’initiative met en lumière trois dossiers sensibles pour les politiques publiques de lutte contre la corruption : la protection des biens publics dans le cadre de la procédure pénale, l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts.
Le dispositif mis en place par Transparency Maroc permet ainsi de confronter les formations politiques sur des sujets précis, plutôt que de s’en tenir aux déclarations générales sur la lutte contre la corruption.
À quelques jours du scrutin, le bilan dressé par l’association fait donc apparaître deux niveaux de participation : quatre partis ayant formellement répondu aux questions et huit n’ayant pas donné suite à cette interpellation à la date du 15 septembre.
Le débat reste ainsi ouvert sur la place que les différents partis souhaitent accorder à ces trois questions dans leurs engagements et leurs programmes.
Ce passage permet de préciser le contenu exact de l’interpellation, notamment les trois questions adressées aux partis. Pour un article, il est intéressant de montrer que Transparency Maroc ne leur demandait pas simplement une position générale, mais aussi des engagements et, dans certains cas, des délais.
Transparency Maroc : trois questions précises aux partis sur la corruption
À l’approche des élections du 23 septembre 2026, Transparency Maroc a décidé de soumettre les partis politiques représentés à la première Chambre du Parlement à un exercice de clarification sur trois dossiers majeurs liés à la lutte contre la corruption.
Cette initiative découle d’une décision du Conseil national de l’association prise lors de sa réunion du 11 juillet 2026. Le bureau exécutif a ensuite adressé des lettres nominatives aux présidents, secrétaires généraux et principaux responsables des formations politiques concernées.
L’objectif affiché par l’association est de recueillir des positions « claires et franches » sur trois sujets qui, selon elle, préoccupent l’opinion publique et relèvent directement de son champ d’action.
Première question : modifier les articles 3 et 7 de la loi 03.23
Transparency Maroc demande d’abord aux partis s’ils comptent engager une action pour réviser les articles 3 et 7 de la loi n°03.23 relative à la procédure pénale et, le cas échéant, dans quel délai.
Dans sa lettre, l’association estime que ces dispositions limitent le pouvoir du ministère public en matière de poursuites concernant les affaires liées aux biens publics et réduisent, selon elle, les possibilités d’intervention de la société civile dans la lutte contre la corruption.
La question posée aux partis est donc double : sont-ils favorables à une révision de ces dispositions et s’engagent-ils sur un calendrier ?
Deuxième question : l’enrichissement illicite
Le deuxième sujet concerne l’incrimination de l’enrichissement illicite, notamment à partir des déclarations de patrimoine.
Transparency Maroc demande aux formations politiques si elles sont pour ou contre cette incrimination.
Pour les partis qui y sont favorables, l’association demande également s’ils comptent agir, et dans quel délai, afin d’intégrer cette disposition au Code pénal ou de lui consacrer une loi spécifique.
La question dépasse ainsi le principe de l’incrimination : elle porte également sur sa traduction concrète dans le droit marocain.
Troisième question : les conflits d’intérêts
Enfin, Transparency Maroc interroge les partis sur les conflits d’intérêts.
La question porte cette fois sur les dispositifs légaux ou réglementaires que les formations politiques comptent initier ou défendre afin d’encadrer et de prévenir les dérives liées aux conflits d’intérêts.
Des réponses destinées à être rendues publiques
Transparency Maroc s’est engagée à publier les réponses reçues des partis destinataires afin d’informer l’opinion publique sur leurs positions respectives.
L’association entend ainsi transformer cette interpellation en matière à débat public autour de trois enjeux : l’intégrité et la transparence, la lutte contre l’impunité et la protection des biens publics.
Le dispositif présente donc une particularité : les partis ne sont pas seulement invités à exprimer une position de principe. Sur plusieurs points, ils sont appelés à préciser s’ils agiront, comment et dans quels délais.
À la veille des élections, les réponses — ou l’absence de réponse — permettent ainsi de documenter les positions publiques des différentes formations sur trois dossiers précis de la politique anticorruption.



