
Un paradoxe saisissant frappe l’économie bleue à Dakhla. D’un côté, le discours officiel vante un pôle aquacole d’excellence, attractif et générateur de valeur. De l’autre, la réalité du terrain expose des hectares de domaine public maritime gelés par des concessions inexploitées.
17 fermes aquacoles déclarées vacantes en une seule série de décisions. Le chiffre interpelle. Par décisions conjointes datées du 14 juillet 2026, le ministère chargé du Budget et le département de la Pêche maritime ont déclaré vacantes plusieurs exploitations aquacoles dans la région de Dakhla.
Derrière une formulation administrative apparemment anodine se pose une question économique beaucoup plus directe : combien de concessions aquacoles ont-elles été attribuées sans être réellement transformées en activité productive ?
17 concessions qui reviennent dans le circuit
Les décisions, numérotées de 2.26.1456 à 2.26.1472, concernent 17 fermes parmi lesquelles:
Dakhla Seaweed Farm M1, Ostréiculture de Dakhla, Moroccan Blue , Meftah Pêche, Frigo Lamhiriz, Pescada,
Un procès-verbal établi par le délégué de la pêche maritime à Dakhla a constaté que ces fermes n’était pas exploitées depuis plus d’un an.
Sur cette base, l’administration a déclaré les fermes vacantes, conformément aux dispositions régissant les autorisations des établissements de pêche maritime.
Le texte ne détaille toutefois pas, pour chacune des 17 exploitations, les raisons particulières de leur inactivité. Il serait donc excessif de considérer que toutes les situations sont identiques.
Le vrai problème : attribuer ne suffit pas
C’est ici que le sujet devient économique.
Une concession aquacole n’a de valeur pour le territoire que lorsqu’elle se transforme en production, investissement, emplois, valeur ajoutée et activité économique.
Or, lorsqu’un espace concédé reste inutilisé pendant une période prolongée, le dispositif atteint une limite évidente : le foncier ou l’espace maritime mobilisé ne produit pas la valeur économique attendue.
La question n’est donc pas seulement de savoir combien de fermes ont été autorisées, mais aussi combien sont effectivement installées, opérationnelles et productives.
La déclaration de vacance de 17 fermes pose donc indirectement la question de l’efficacité économique du système d’attribution et de suivi des concessions.



