
Après trois révisions bimensuelles consécutives orientées à la baisse, le soulagement aura été de courte durée pour les automobilistes et transporteurs marocains. Depuis ce matin, jeudi 16 juillet 2026, les tarifs affichés dans les stations-services du Royaume enregistrent une hausse sensible :
- Gasoil : +0,70 DH/litre
- Essence Sans Plomb : +0,38 à +0,39 DH/litre (franchissant la barre des 14,24 DH/litre en moyenne).
Impact direct à la pompe marocaine
Les automobilistes marocains ont bénéficié d’une nouvelle baisse des prix du gasoil entre le début du mois de juin et le début de juillet 2026. Mais en comparant cette évolution à celle du marché international du pétrole, un constat s’impose : la chute des cours du Brent a été bien plus importante que celle répercutée dans les stations-service.
Le 1er juin, le litre de gasoil était affiché à 13,97 DH. Deux semaines plus tard, il reculait à 13,55 DH, avant de tomber à 12,61 DH le 1er juillet, soit une baisse cumulée de 1,36 DH en un mois (-9,7 %).
| Date | Prix du gasoil (DH/litre) | Variation | Évolution (%) |
|---|---|---|---|
| Avant le 1er juin 2026 | 14,50 | – | – |
| 1er juin 2026 | 13,97 | -0,53 DH | -3,66 % |
| 16 juin 2026 | 13,55 | -0,42 DH (≈ -0,40 DH annoncés) | -3,01 % |
| 1er juillet 2026 | 12,61 | -0,94 DH | -6,94 % |
| 16 juillet 2026 | 13,30 | +0,69 DH | +5,47 % |
Sur la même période, le Brent a connu une correction spectaculaire. Le baril est passé d’environ 95 dollars début juin à 69 dollars début juillet, soit une chute de près de 27 %. Autrement dit, la baisse du pétrole brut a été près de trois fois plus importante que celle constatée à la pompe au Maroc.
Cette différence relance le débat sur le fonctionnement du marché national des carburants. Si les distributeurs mettent en avant le poids des taxes, les coûts d’importation, de stockage, de transport ainsi que les délais d’approvisionnement, ces éléments n’expliquent pas entièrement pourquoi les baisses internationales semblent être répercutées avec autant de retenue.
Le contraste est d’autant plus frappant que le mouvement inverse paraît beaucoup plus rapide. Le 16 juillet, à la faveur du rebond du Brent provoqué par les tensions géopolitiques et la remontée des cours internationaux, le prix du litre de gasoil au Maroc a immédiatement augmenté de 69 centimes, pour atteindre 13,30 DH.
En l’espace de deux semaines seulement, une partie importante des baisses accumulées depuis le début de l’été a ainsi été effacée. Certes, le prix reste inférieur de 67 centimes à son niveau du 1er juin, mais l’évolution observée nourrit une perception largement partagée par les consommateurs : les hausses des cours internationaux semblent se transmettre plus rapidement que les baisses.
Cette situation intervient alors que le débat sur les marges des distributeurs et sur le niveau de concurrence dans le secteur demeure d’actualité. Depuis la libéralisation des prix des carburants en 2015, les associations de consommateurs et plusieurs acteurs politiques réclament davantage de transparence dans la formation des prix afin que les fluctuations des marchés internationaux profitent réellement aux automobilistes.
Au-delà des justifications techniques avancées par les opérateurs, les chiffres interrogent : entre début juin et début juillet, le Brent a perdu près de 27 % de sa valeur, tandis que le prix du gasoil au Maroc n’a reculé que de 9,7 %. En revanche, lorsque le pétrole est reparti à la hausse, les prix à la pompe ont rapidement suivi le mouvement. Une asymétrie qui continue d’alimenter les critiques sur le fonctionnement du marché des carburants au Maroc.
Les coulisses de cette hausse sensible
Cette remontée s’explique par la décision prise…



