
L’ancien ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a annoncé sa démission du Parlement pour rejoindre le constructeur chinois de véhicules électriques BYD, où il occupera un poste de direction chargé des relations extérieures et du développement de nouvelles activités.
Dans un message publié sur Facebook, celui qui a dirigé la diplomatie hongroise pendant près de douze ans sous le gouvernement de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán a indiqué avoir accepté « une offre particulièrement prestigieuse » émanant du premier fabricant mondial de véhicules électriques.
« BYD est l’une des plus grandes réussites de l’industrie automobile de ces vingt dernières années », a-t-il écrit, précisant qu’il prenait désormais les fonctions de responsable des relations extérieures du groupe et du développement de nouvelles lignes d’activité.
Un artisan de l’implantation de BYD en Hongrie
Cette nomination intervient quelques mois après la défaite électorale de Viktor Orbán et de son parti Fidesz, battus en avril par le parti pro-européen Tisza, dirigé par Péter Magyar.
En 2023, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères et du Commerce, Péter Szijjártó avait annoncé l’implantation de la première usine européenne de BYD en Hongrie, un investissement stratégique permettant au constructeur chinois de produire au sein de l’Union européenne et d’atténuer l’impact des droits de douane européens sur les véhicules électriques chinois.
Le responsable hongrois avait révélé que ce projet avait nécessité 224 cycles de négociations entre BYD et le gouvernement hongrois. Il l’avait qualifié de « l’un des plus grands investissements de l’histoire économique de la Hongrie », tout en annonçant l’octroi d’importantes aides publiques au constructeur chinois.
Une politique d’ouverture à la Chine
Durant son mandat, Péter Szijjártó a été l’un des principaux artisans du rapprochement économique entre Budapest et Pékin. Aux côtés de Viktor Orbán, il s’est opposé aux droits de douane imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois et a favorisé l’arrivée de nombreux investissements chinois, notamment dans les usines de batteries destinées aux véhicules électriques.
La Hongrie a également participé avec la Chine au développement de la ligne ferroviaire Budapest-Belgrade, projet emblématique de l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie (Belt and Road Initiative).
Des liens controversés avec Moscou
Péter Szijjártó s’est également distingué par ses relations étroites avec la Russie après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Contrairement à la majorité de ses homologues européens, il s’est rendu à plusieurs reprises à Moscou pour négocier des contrats d’approvisionnement en pétrole et en gaz et rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qu’il qualifiait publiquement de « son ami ».
En 2021, le président russe Vladimir Poutine lui avait décerné l’Ordre de l’Amitié, l’une des plus hautes distinctions russes attribuées à des ressortissants étrangers.
Sa proximité avec Moscou avait suscité une vive polémique lors de la campagne électorale de 2026, après des révélations affirmant qu’il communiquait régulièrement avec Sergueï Lavrov pendant des réunions de haut niveau de l’Union européenne. L’intéressé avait nié avoir transmis des informations confidentielles, tout en reconnaissant échanger avec son homologue russe avant et après les réunions des ministres européens des Affaires étrangères. dailysabah



