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Les banques marocaines affichent des bénéfices record et des ratios de solvabilité robustes

Le Comité de Coordination et de Surveillance des Risques Systémiques (CCSRS), présidé par le
Wali de Bank Al-Maghrib et composé de représentants de l’Autorité Marocaine du Marché des
Capitaux (AMMC) dont son Président, de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la
Prévoyance Sociale (ACAPS) dont son Président et du Ministère de l’Économie et des Finances
(MEF) dont le Directeur du Trésor et des Finances Extérieures, a tenu, le mardi 7 juillet 2026, sa
vingt-troisième réunion au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat.


Le Comité a examiné et approuvé la treizième édition du Rapport sur la stabilité financière au titre
de l’année 2025. Il a également fait le point sur l’état d’avancement de la feuille de route de stabilité
financière 2026-2030, analysé la cartographie des risques systémiques, passé en revue les
conclusions des travaux de son sous-comité mensuel et examiné la situation du système financier
au regard des évolutions macroéconomiques et financières observées et attendues.


A la lumière des indicateurs de suivi examinés, le Comité a constaté que le système financier
marocain continue de faire preuve de résilience, soutenu par des fondamentaux solides et des
marges prudentielles globalement confortables

S’agissant du crédit bancaire, les prêts destinés au secteur non financier ont progressé de 6,5%
en 2025, portés par la bonne dynamique des activités non agricoles et l’assouplissement des
conditions monétaires. Le taux des créances en souffrance a, pour sa part, légèrement reculé à
8,3% à fin 2025 contre 8,4% une année auparavant, et le taux de leur couverture par les
provisions est demeuré autour de 68%.

  • Dans ce contexte, le secteur bancaire a poursuivi, pour la troisième année consécutive, la
    consolidation de ses performances financières. À fin décembre 2025, le résultat net agrégé sur
    base sociale s’est établi à 19,2 milliards de dirhams, en progression de 22,2% par rapport à
    l’année précédente, sous l’effet notamment de la hausse du produit net bancaire et de la baisse
    du coût du risque. Cette performance renforce la solidité des établissements de crédit, le ratio
    moyen de solvabilité ressortant à 16,1% et celui des fonds propres de catégorie 1 à 13,5%, des
    niveaux largement supérieurs aux exigences réglementaires. Les exercices de stress tests
    continuent, par ailleurs, de confirmer la résilience des principales banques face à des scénarios
    de chocs macroéconomiques sévères. Le ratio de liquidité à court terme demeure également
    supérieur au minimum réglementaire.
  • S’agissant des Infrastructures des Marchés Financiers, les résultats du suivi et des évaluations
    effectuées continuent de confirmer leur forte résilience, aussi bien sur le plan financier que sur
    le plan opérationnel, et montrent qu’elles présentent toujours un niveau de risque faible pour
    la stabilité financière.

De son côté, le secteur des assurances a poursuivi sa dynamique de croissance dans un contexte
économique globalement favorable. A fin 2025, le chiffre d’affaires du secteur a atteint 63,2
milliards de dirhams, en progression de 7,5%, porté à la fois par la branche vie (8,4%) et la
branche non-vie (6,6%). La branche vie a notamment confirmé le regain de son dynamisme
amorcé l’année précédente, soutenue par la bonne tenue de l’activité épargne dont la collecte a
progressé de 8,9%.

  • Sur le plan de la rentabilité, le secteur a dégagé un résultat net de 5,3 milliards de dirhams, en
    hausse de 21,4%, soutenu principalement par la bonne performance du résultat financier. Cette
    évolution favorable a permis au rendement des fonds propres (ROE) d’atteindre 11,1%, soit
    son niveau le plus élevé sur les dix dernières années.
  • Dans le sillage de la bonne performance du marché financier, les plus-values latentes se sont
    fortement renforcées pour atteindre 62,5 milliards de dirhams. Le ratio des plus-values latentes
    sur les placements s’est ainsi établi à 23,8%, également à un niveau historique, porté
    principalement par la progression des valorisations boursières dans un contexte marqué par
    deux années consécutives de forte hausse de l’indice MASI.
  • L’amélioration marquée des plus-value latentes et de la rentabilité a permis de renforcer les
    éléments constitutifs de la marge de solvabilité du secteur, dont le ratio réglementaire a
    progressé de 54,7 points pour atteindre 409,4%. Par ailleurs, les exercices de stress tests font
    ressortir une résilience globale des entreprises d’assurances aux conditions macroéconomiques
    et techniques défavorables.
  • Concernant le secteur de la retraite, l’application de la deuxième et dernière tranche des
    augmentations salariales issues du dialogue social du 29 avril 2024 a permis d’améliorer certains
    indicateurs financiers des régimes du secteur public. Ces derniers continuent, néanmoins,
    d’enregistrer des déséquilibres structurels et leur viabilité à long terme n’a pas connu
    d’amélioration significative. Dans ce contexte, la réforme systémique du secteur, fondée sur la
    mise en place de deux pôles public et privé, demeure indispensable pour instaurer une tarification équilibrée afin de résorber une grande partie des engagements non couverts et assurer la soutenabilité financière des régimes à long terme.

Au niveau de la Bourse de Casablanca, après la forte progression enregistrée en 2025, le marché
a évolué dans un contexte de consolidation au cours du premier semestre 2026. Au 30 juin
2026, l’indice MASI s’est établi à 18 217,27 points, en recul de 3,34% sur le semestre, tandis
que la capitalisation boursière est restée quasi stable à 1043 milliards de dirhams (contre 1040,69
milliards de dirhams à fin 2025). Le niveau moyen de volatilité s’est accru de 14,63% courant
2025 à 21,5% au premier semestre 2026, tandis que le ratio de liquidité s’est établi à 12,25% à
fin mai 2026, contre 14,23% à fin décembre 2025.

  • Sur le marché obligataire, l’activité est demeurée soutenue au cours des cinq premiers mois de
    l’année 2026. Les émissions de bons du Trésor se sont élevées à 58,18 milliards de dirhams à
    fin mai 2026, à un niveau comparable à celui enregistré un an auparavant (57,5 milliards de
    dirhams à fin mai 2025). Sur le marché de la dette privée, les émissions ont atteint 41 milliards
    de dirhams à fin mai 2026, dont 32,7 milliards de dirhams de titres de créances négociables et
    8,3 milliards de dirhams d’obligations. Cette dynamique reflète l’importante contribution du
    marché des capitaux à la diversification des sources de financement de l’économie.
  • L’industrie de la gestion collective poursuit son développement. Au 19 juin 2026, l’actif net
    global des OPCVM s’est établi à 832,85 milliards de dirhams, en progression annuelle de 6,1%.
    Les souscriptions nettes ont atteint 51,7 milliards de dirhams, principalement orientées vers les
    OPCVM Obligations CT (51%), les OPCVM Monétaires (33%) et les OPCVM Diversifiés
    (19%), tandis que les OPCVM Obligations MLT enregistrent des rachats nets (-11%). Les
    autres catégories d’organismes de placement collectif ont également poursuivi leur
    développement, les actifs nets des OPCI s’établissant à 140,71 milliards de dirhams à fin mars
    2026, tandis que les encours des OPCC et des FPCT ont atteint respectivement 6,09 milliards
    et 32,32 milliards de dirhams.
  • S’agissant de la base des investisseurs, l’intérêt des personnes physiques pour le marché des
    capitaux a continué de se renforcer. Le nombre de comptes-titres a atteint 434 515 au 31 mars
    2026, en hausse de 8,3% par rapport à fin décembre 2025.
  • Le nombre de porteurs de parts d’OPCVM s’est établi à 34 326 au 19 juin 2026, dont 74% sont des personnes physiques
    résidentes. Ces évolutions traduisent l’élargissement progressif de la base des investisseurs et le
    renforcement de la profondeur du marché des capitaux.
  • Le Comité a, par la suite, pris note des avancées enregistrées dans le domaine de la lutte contre le
    blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Tout en saluant les progrès accomplis, il
    a souligné la nécessité de poursuivre les efforts afin de consolider les acquis, de maintenir un niveau
    élevé de conformité aux standards internationaux et de préparer le prochain cycle des évaluations
    mutuelles du GAFIMOAN.
  • En marge de cette réunion, Bank Al-Maghrib, l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux
    (AMMC) et l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) ont
    procédé à la signature d’une nouvelle convention d’échange de données, actualisant celle établie
    entre les trois autorités en 2014. Cette convention renforce les modalités de partage des
    informations nécessaires à l’exercice de leurs missions de préservation de la stabilité financière.

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