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Prix Bayer Foundation Women Entrepreneurs : Une Marocaine parmi 15 lauréates

La Bayer Foundation, en partenariat avec le Impact Hub Network, a dévoilé les lauréates de l’édition 2026 du Women Entrepreneurs Award, distinguant 15 entrepreneures issues d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie pour leurs innovations répondant à des défis majeurs liés à la santé mondiale et à la sécurité alimentaire.

Sélectionnées parmi 1.172 candidatures provenant de 124 pays, les lauréates développent des solutions innovantes allant des outils de diagnostic numérique et des objets connectés de suivi de la santé alimentés par l’intelligence artificielle, à l’agriculture résiliente face au changement climatique et aux technologies alimentaires circulaires, destinées principalement aux populations insuffisamment desservies par les marchés traditionnels.

Les 15 entrepreneures récompensées représentent le Brésil, la Colombie, le Nigeria, le Kenya, la Tanzanie, le Maroc, l’Indonésie, l’Inde et le Bhoutan.

Une entrepreneure marocaine distinguée

Cofondée par Sokayna Bellam, l’entreprise Jodoor apporte une réponse à l’un des principaux défis auxquels l’agriculture est confrontée en Afrique et au Moyen-Orient : comment produire davantage de nourriture de manière fiable tout en consommant moins de ressources naturelles.

Jodoor permet aux agriculteurs de produire des cultures fraîches et de haute qualité dans des environnements marqués par la pénurie d’eau, grâce à des systèmes de culture hydroponique conçus et adaptés aux réalités locales.

En combinant :

  • l’agriculture en environnement contrôlé ;
  • l’expertise agronomique ;
  • l’accompagnement opérationnel ;
  • l’accès aux marchés,

Jodoor contribue à transformer les exploitations agricoles en un modèle plus résilient, plus productif et plus facilement reproductible.

L’entreprise se concentre sur la production de légumes-feuilles à forte valeur ajoutée et de plantes aromatiques, notamment :

  • le basilic ;
  • la ciboulette ;
  • l’aneth.

Ces produits sont destinés aussi bien au marché local qu’à l’exportation, tout en réduisant considérablement la consommation d’eau et l’utilisation des terres agricoles.

En tant que femme entrepreneure dans un secteur de l’agritech fortement capitalistique, Sokayna Bellam s’est attachée à démontrer la pertinence de son modèle à travers des résultats concrets sur le terrain, une collaboration étroite avec les agriculteurs et les travailleurs agricoles, ainsi que des solutions adaptées aux réalités locales.

Le modèle développé par Jodoor va bien au-delà de la simple construction de fermes hydroponiques.

L’entreprise structure des exploitations agricoles résilientes en véritables actifs productifs grâce à une approche intégrée combinant :

  • le déploiement des technologies hydroponiques ;
  • l’exploitation des fermes ;
  • l’agrégation de la production ;
  • la commercialisation des récoltes.

Cette approche permet aux agriculteurs de bénéficier :

  • d’infrastructures agricoles résilientes ;
  • d’un accompagnement technique ;
  • d’un meilleur accès aux marchés.

Parallèlement, elle offre aux investisseurs des actifs agricoles générateurs de revenus, répondant ainsi à un double enjeu :

  • accélérer le développement d’une agriculture intelligente face au climat ;
  • créer des opportunités d’investissement structurées dans l’économie réelle.

Les systèmes développés par Jodoor sont spécialement conçus pour les régions arides et soumises à un fort stress climatique. Ils permettent de produire tout au long de l’année avec une qualité constante, tout en utilisant beaucoup moins d’eau et de terres que les méthodes agricoles traditionnelles.

L’entreprise contribue également à la création d’emplois durables en milieu rural, avec une attention particulière portée à :

  • l’emploi des femmes ;
  • le développement des compétences ;
  • l’amélioration des conditions et de la dignité du travail agricole.

Principaux résultats de l’entreprise:

  • 90 % de réduction de la consommation d’eau par rapport à l’agriculture conventionnelle.
  • 100 % de cultures exemptes de résidus de pesticides.

La présence d’une entrepreneure marocaine parmi les lauréates souligne le dynamisme croissant de l’écosystème national de l’innovation à impact et sa capacité à proposer des solutions répondant à des enjeux mondiaux de santé et d’alimentation.

Une dotation de 25.000 euros et un programme d’accélération

Chaque lauréate bénéficiera :

  • d’une dotation financière de 25.000 euros ;
  • d’un programme d’accélération de six mois ;
  • d’un accompagnement destiné à renforcer la préparation aux levées de fonds ;
  • d’un accès à des réseaux d’investisseurs internationaux.

L’objectif est d’aider ces entreprises à consolider leur modèle économique, mesurer leur impact et accélérer leur développement à l’échelle internationale.

Selon Chitkala Kalidas, directrice exécutive de la Bayer Foundation :

« Ces 15 femmes développent déjà des solutions pour améliorer les systèmes de santé et d’alimentation. Notre rôle consiste à accélérer leur croissance en leur donnant accès aux financements, aux réseaux et aux ressources nécessaires pour accroître plus rapidement leur impact. »

Un accès au financement encore très limité

La fondation rappelle que, malgré leur rôle croissant dans l’innovation, les femmes entrepreneures demeurent largement sous-financées.

En 2024, elles n’ont capté que 2,3 % du capital-risque mondial.

Cette proportion est encore plus faible dans certaines régions :

  • 1,2 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) en 2021 ;
  • 2,4 % en Asie en 2024.

Selon une étude de la Bayer Foundation, les inégalités liées au genre constituent le principal obstacle rencontré par les candidates.

Un potentiel économique considérable

La fondation cite une étude du Boston Consulting Group (BCG) selon laquelle un niveau d’investissement équivalent entre entreprises fondées par des hommes et par des femmes pourrait augmenter le PIB mondial de 3 % à 6 %, soit un gain compris entre 2.500 et 5.000 milliards de dollars.

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