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Mondial 2026 : New York retient son souffle avant l’entrée en lice du Maroc

À sept semaines du coup d’envoi, l’effervescence monte chez les supporters marocains, mais les hôteliers new-yorkais s’inquiètent : les réservations pour la finale et les grands chocs, comme Maroc-Brésil, ne sont pas encore au niveau espéré.

Pour de nombreux supporters marocains prévoyant de traverser l’Atlantique, le rêve américain pourrait coûter cher. Alors que le stade MetLife du New Jersey se prépare à accueillir des affiches de gala, dont un très attendu Maroc-Brésil, le secteur hôtelier de la région de New York commence à paniquer. L’invasion de touristes étrangers attendue peine à se concrétiser dans les chiffres.

Des hôtels chers… mais pas encore pleins

Le secteur hôtelier new-yorkais attend depuis des années que la Coupe du Monde de la FIFA 2026 soit une source de revenus capable de remplir la ville de visiteurs prêts à dépenser. Cependant, à sept semaines du début de la compétition, les hôteliers sont de plus en plus inquiets par l’absence de rebond de l’activité.

Les hôtels de la ville n’ont vendu que 18 % des chambres disponibles entre le 13 juin (date du premier match au MetLife Stadium du New Jersey) et le 19 juillet (date de la finale). Selon les données compilées par CoStar Group Inc. au début de ce mois, ce chiffre était de 26 % à la même période l’année dernière.

New York n’est pas un cas isolé. Les données de CoStar montrent que Boston, Vancouver et Toronto se situent également en dessous des tendances de 2025. La ville hôte qui connaît la plus forte progression est Dallas, où les réservations anticipées dépassent de 11 points le rythme de l’an dernier. Los Angeles et Houston affichent des augmentations plus modestes.

« La Coupe du Monde n’est pas au niveau que nous espérions », a déclaré Chris Nassetta, PDG de Hilton Worldwide Holdings Inc. (HLT), lors d’une conférence de Semafor à Washington la semaine dernière.

Des prix élevés malgré une faible demande

Il reste encore du temps pour que les réservations augmentent à mesure que l’effervescence monte. Les voyageurs dépensent généreusement depuis des années pour des expériences en direct (des concerts de Taylor Swift aux événements sportifs), et le président de la FIFA, Gianni Infantino, s’est récemment dit « certain que tous les hôtels seront pratiquement complets » au début des festivités.

Toutefois, la performance actuelle contraste avec les attentes générées l’année dernière, lorsqu’Infantino affirmait que les 104 matchs du tournoi seraient comparables à « 104 Super Bowls » concentrés sur un mois. « Nous prévoyons une bonne occupation les soirs de match, mais nous n’anticipons pas un impact comparable à 104 Super Bowls », a nuancé Jan Freitag, directeur de l’analyse hôtelière chez CoStar.

Certains établissements maintiennent des tarifs très élevés. Le Hampton Inn Carlstadt, près du stade, facture plus de 4 000 $ pour la nuit précédant la finale. Une semaine plus tard, le prix retombe à environ 300 $. À Manhattan, le Hampton Inn Times Square demande 700 $ pour la même nuit, soit plus du double de son tarif habituel.

Les obstacles à la venue des touristes

La situation est critique pour New York, où le secteur se remet encore de la pandémie. Si les tarifs ont atteint des sommets historiques, la rentabilité réelle (ajustée à l’inflation) reste inférieure aux pics pré-Covid.

Plusieurs facteurs freinent l’arrivée des visiteurs internationaux, qui dépensent pourtant quatre fois plus que les touristes nationaux :

Les délais de visa et la force du dollar.

Le coût des transports locaux : New Jersey Transit facturera 150 $ pour un aller-retour entre Penn Station et le stade pendant le tournoi. La gouverneure Kathy Hochul a qualifié ce tarif d’« excessivement élevé ».

Les critiques contre la FIFA : Le sénateur Chuck Schumer a accusé le modèle de la FIFA de s’apparenter à une « extorsion », l’organisme empochant les revenus de billetterie et de droits télévisés tout en laissant les coûts de sécurité et de transport aux villes hôtes.

    Un enjeu économique majeur

    Le tourisme emploie environ 388 000 personnes à New York et génère des milliards de dollars de recettes fiscales. Pour tenter d’attirer plus de monde, la municipalité a interdit les « frais cachés » (frais de service ou de séjour non annoncés), exigeant que les hôtels affichent le prix total dès le départ.

    Malgré l’inquiétude, Vijay Dandapani, président de l’Association hôtelière de New York, espère que les matchs d’affiche (comme l’entrée en lice du Brésil contre le Maroc, ou les matchs impliquant la France, l’Allemagne et l’Angleterre) finiront par attirer la foule mondiale tant attendue. Agences

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