
Moscou a infligé ce vendredi un revers diplomatique à l’alliance de Washington et Rabat. Historiquement, la Russie maintenait une position de « neutralité active » en s’abstenant lors des votes annuels sur la MINURSO. Le recours au veto pour la première fois marque un durcissement géopolitique direct visant à faire perdurer le statu quo. Ce carton rouge n’est pas sans conséquences, utilisant le dossier saharien comme monnaie d’échange face à Washington.
L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Mike Waltz, a vivement critiqué le veto russe et a répondu en bloquant à son tour la proposition de Moscou. « Nous ne devons pas revenir à un « statu quo » qui condamne les réfugiés à cinq autres décennies dans les camps », a-t-il déploré, « surtout lorsqu’il y a un chemin réel vers la paix sur la table et des alternatives viables pour un avenir meilleur pour le peuple sahraoui ».
N’étant pas sur la même longueur d’onde, le représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, a qualifié le veto américain d’« assassinat politique de la mission ». « Nous regrettons que de nombreux membres du Conseil n’aient pas eu le courage de soutenir notre projet (…) Tous ceux qui ont pris cette décision portent la responsabilité collective de la disparition de la Mission. a déclaré Nebenzia après le vote.
Un communiqué du Palais royal émis à Rabat après les votes à l’ONU a indiqué que la fin du mandat de la Minurso constitue un pas décisif vers la clôture du dossier du Sahara aux Nations Unies, la fin de la saisine du Conseil et de l’internationalisation du différend. hérité d’un « contexte anachronique et révolu ». Le Maroc avertit que les Nations Unies doivent mettre fin à leur présence au Sahara dans les prochains jours, et que le Conseil de sécurité doit retirer la question de son ordre du jour.
Le Maroc a beau saluer la fin de la MINURSO, le veto russe qui l’a rendue possible n’en reste pas moins un coup porté à un partenaire stratégique. Entre la volonté de Moscou de ménager Alger et l’ambition de Rabat de tourner la page onusienne, c’est tout le partenariat stratégique de 2016, pilier de la coopération économique et sécuritaire entre les deux pays, qui pourrait bien sortir fragilisé de cette séquence.
Un signal inquiétant à Rabat qui hausse le ton…



