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Transferts des MRE : 103 milliards de dirhams en neuf mois, un record qui défie les pronostics

Les Marocains résidant à l’étranger ont transféré 103 056 millions de dirhams entre janvier et septembre 2026, en hausse de 11,3 % sur un an. Après une quasi-stagnation en 2025, la diaspora signe un rebond spectaculaire et confirme son rôle de premier pourvoyeur de devises du Royaume — près du double des investissements directs étrangers.

Un cap symbolique franchi

C’est un chiffre qui force le respect. À fin septembre 2026, les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE) atteignent 103 056 millions de dirhams (MDH), contre 92 627 MDH un an plus tôt. Soit une hausse de 11,3 %, ou +10 429 MDH en valeur absolue.

Pour la première fois sur une période de neuf mois, la barre des 100 milliards de dirhams est franchie. Un cap symbolique, qui illustre l’ampleur d’un flux financier souvent relégué au second plan des analyses macroéconomiques — mais qui pèse pourtant plus lourd que bien des indicateurs plus médiatisés.

Une accélération après une année atone

La série longue révèle une dynamique intéressante :

Année (janv.–sept.)Transferts MREÉvolution annuelle
202282 450—
202387 009+5,5 %
202491 720+5,4 %
202592 627+1,0 %
2026103 056+11,3 %

Après une quasi-stagnation en 2025 (+1,0 %), les transferts ont brutalement accéléré en 2026 (+11,3 %). Un rebond qui contraste avec la langueur de l’année précédente et qui suggère un effet de rattrapage après une année de vaches maigres. Sur deux ans (2024 → 2026), la croissance cumulée atteint +12,4 %, soit environ +6 % par an — une tendance de fond plus lisse que les à-coups annuels.

Plus du double des IDE entrants

La comparaison avec les autres flux financiers est éclairante :

Flux (janv.–sept. 2026)Montant
Transferts MRE103 056 MDH
IDE entrants (recettes)53 442 MDH
IDME sortantes (dépenses)19 136 MDH

Les transferts des MRE représentent près du double des recettes d’investissements directs étrangers. Autrement dit, la diaspora pèse deux fois plus que les investisseurs étrangers dans les entrées de capitaux du Royaume. Un constat qui devrait interroger : les politiques publiques accordent souvent plus d’attention aux IDE qu’à ces flux pourtant plus massifs et plus stables.

À quoi servent ces 103 milliards ?

Les transferts MRE ne sont pas qu’un chiffre comptable. Ils irriguent directement l’économie marocaine :

  • Soutien à la consommation des ménages : une part importante des transferts finance les dépenses courantes des familles restées au pays.
  • Investissement immobilier : les MRE sont des acteurs majeurs du marché résidentiel, notamment dans les grandes villes et les régions d’origine.
  • Contribution aux réserves de change : les devises rapatriées renforcent la position extérieure du Royaume.
  • Amortisseur social : dans les périodes de tension économique, les transferts jouent un rôle de stabilisateur pour les territoires les plus dépendants de ces flux.

Les transferts des Marocains résidant à l’étranger atteignent 103 056 MDH à fin septembre 2026, en hausse de +11,3 % (+10 429 MDH) sur un an. Après un ralentissement en 2025 (+1,0 %), la diaspora a fortement accéléré ses envois en 2026, franchissant le cap des 100 milliards de dirhams sur neuf mois. Avec près du double des recettes d’IDE entrantes, les MRE confirment leur rôle de premier pourvoyeur de devises du Royaume — un pilier souvent sous-estimé des analyses macroéconomiques.


Les chiffres clés (janv.–sept. 2026)

  • Transferts MRE : 103 056 MDH (+11,3 %, +10 429 MDH)
  • Évolution sur cinq ans : 82 450 → 103 056 MDH (+25,0 %)
  • Comparaison IDE entrantes : 53 442 MDH — les MRE pèsent près du double
  • Tendance : cinquième année consécutive de hausse, avec un rebond marqué en 2026

Office des changes

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