
Longtemps deuxième composante du secteur automobile marocain, le câblage a pris l’ascendant sur la construction à fin septembre 2026. Avec 51 513 millions de dirhams exportés (+16,1 %), il devance désormais la construction (49 866 MDH, +15,4 %) de 1 647 MDH. Un basculement symbolique — mais étroit — dans la hiérarchie interne d’un secteur qui reste le premier pilier des exportations du Royaume.
Un leadership qui change de main
C’est un détail que les chiffres agrégés masquent souvent. Au sein du secteur automobile — premier exportateur du Maroc avec 132 114 MDH à fin septembre 2026 —, la hiérarchie interne a évolué. Le câblage (51 513 MDH, +16,1 %) dépasse désormais la construction (49 866 MDH, +15,4 %), qui occupait jusqu’ici le premier rang des composantes.
L’écart est modeste — 1 647 MDH, soit environ 3,2 % du montant du câblage — mais le basculement est réel. Il consacre la montée en puissance d’un segment intensif en main-d’œuvre, historiquement ancré dans les zones franches et les régions périphériques, et qui profite pleinement de la réorganisation des chaînes d’approvisionnement européennes.
Exportations marocaines : l’automobile porte une croissance de 10,7 %, le textile décroche
À fin septembre 2026, les exportations marocaines atteignent 384 milliards de dirhams, en hausse de 10,7 % sur un an.
C’est peu dire que le secteur automobile domine les échanges extérieurs du Royaume. Avec 132 114 millions de dirhams (MDH) exportés entre janvier et septembre 2026, il représente à lui seul 34,4 % du total des exportations marocaines. Mieux : sa progression de +14,3 % (+16 573 MDH) explique près de la moitié (44,8 %) de la hausse totale des exportations.
Toutes les composantes du secteur participent à la dynamique : le câblage (51 513 MDH, +16,1 %), la construction (49 866 MDH, +15,4 %) et, surtout, l’extérieur (4 258 MDH, +39,3 %), qui enregistre la plus forte croissance relative. Le Maroc confirme ainsi sa position de plateforme automobile à destination principalement de l’Europe.
Trois autres moteurs de croissance
L’agroalimentaire (72 431 MDH, +10,7 %) progresse au même rythme que le total, tiré par l’industrie alimentaire (+17,1 %). L’agriculture proprement dite reste plus modeste (+4,3 %).
L’aéronautique (26 216 MDH, +22,3 %) affiche la deuxième plus forte croissance parmi les grands secteurs, portée par l’assemblage (+27,5 %). Le Royaume consolide sa montée en puissance dans ce secteur à forte valeur ajoutée.
Les autres industries (28 192 MDH, +26,5 %) enregistrent la croissance relative la plus élevée, avec la métallurgie (+37,7 %) et le plastique-caoutchouc (+31,9 %) en première ligne.
À noter également le bond spectaculaire des autres extractions minières (7 996 MDH contre 3 696 MDH), porté par le minerai de cuivre (4 864 MDH contre 1 063 MDH), dans un contexte de demande mondiale soutenue pour les métaux de transition.
Les deux ombres au tableau
Les phosphates stagnent. Deuxième secteur exportateur avec 74 653 MDH, il n’a progressé que de +0,2 % (+125 MDH). Derrière cette apparente stabilité se cache une recomposition interne : l’acide phosphorique progresse (+22,4 %), tandis que les engrais reculent légèrement (−1,6 %) et que les phosphates bruts chutent de −22,6 %. Le Maroc exporte donc moins de matière première et davantage de produits transformés — une évolution plutôt favorable en termes de valeur ajoutée, mais qui ne suffit pas à dynamiser le secteur.
Le textile décroche. Avec 32 154 MDH (−5,0 %, −1 700 MDH), le textile et cuir est le seul grand secteur exportateur en contraction. Tous les sous-postes reculent, à l’exception des chaussures (+0,1 %) : vêtements confectionnés (−4,6 %), bonneterie (−7,0 %). Un signal préoccupant pour un secteur historiquement pourvoyeur d’emplois, confronté à la concurrence des pays à bas coûts et à un affaiblissement de la demande européenne.
Une concentration qui inquiète
La structure des exportations marocaines révèle une dépendance croissante à l’automobile : plus d’un tiers du total, et près de la moitié de la croissance. Cette concentration constitue à la fois une force — le secteur est compétitif et intégré — et une vulnérabilité : un ralentissement de la demande européenne, une perturbation des chaînes d’approvisionnement ou une recomposition des donneurs d’ordre aurait un effet immédiat sur l’ensemble des exportations.
Le textile, lui, illustre les limites du modèle : un secteur intensif en main-d’œuvre qui recule, alors même que le pays mise sur la montée en gamme industrielle.
En résumé
Les exportations marocaines atteignent 384 054 MDH à fin septembre 2026, en hausse de +10,7 % (+36 971 MDH). L’automobile (+14,3 %) en est le principal moteur, contribuant à près de la moitié de la croissance, suivie de l’agroalimentaire (+10,7 %), des autres industries (+26,5 %) et de l’aéronautique (+22,3 %). Le textile (−5,0 %) est le seul grand secteur en recul, tandis que les phosphates stagnent (+0,2 %) malgré une recomposition interne favorable. La concentration sur l’automobile reste le principal point de vigilance.
Les chiffres clés (janv.–sept. 2026)
- Exportations totales : 384 054 MDH (+10,7 %, +36 971 MDH)
- Automobile : 132 114 MDH (+14,3 %) — 34,4 % du total
- Phosphates et dérivés : 74 653 MDH (+0,2 %)
- Agriculture et agroalimentaire : 72 431 MDH (+10,7 %)
- Textile et cuir : 32 154 MDH (−5,0 %) — seul grand secteur en recul
- Aéronautique : 26 216 MDH (+22,3 %)
Contributions à la croissance (+36 971 MDH)
| Secteur | Contribution | Part |
|---|---|---|
| Automobile | +16 573 | 44,8 % |
| Agriculture et agroalimentaire | +7 019 | 19,0 % |
| Autres industries | +5 911 | 16,0 % |
| Aéronautique | +4 781 | 12,9 % |
| Autres extractions minières | +4 300 | 11,6 % |
| Textile et cuir | −1 700 | −4,6 % |



