Economie

Tanger Med participant symbolique à une grève mondiale des dockers

Une mobilisation syndicale d’une ampleur rare a secoué les infrastructures portuaires mondiales ce vendredi 30 octobre 2026. De Tanger Med à Nhava Sheva, en passant par Le Pirée, Gênes et Valence, les dockers ont cessé le travail pour dire non à la guerre et à la militarisation des ports marchands. Près de 40 % du trafic méditerranéen de marchandises aurait été perturbé.. Sur les plateformes de Tanger Med et Casablanca, des débrayages de soutien ont été observés.

« Les dockers ne travaillent pas pour la guerre »

C’est un mot d’ordre simple, mais lourd de sens, qui a fédéré les travailleurs portuaires de 113 ports répartis dans 22 pays sur plusieurs continents : « Les dockers ne travaillent pas pour la guerre ». Derrière cette formule, les syndicats et les travailleurs mobilisés dénoncent plusieurs phénomènes :

  • le transit de cargaisons militaires et les livraisons d’armes destinées à des zones de conflit, notamment au Moyen-Orient ;
  • la militarisation des infrastructures portuaires marchandes ;
  • les budgets de réarmement qui, selon eux, se font aux dépens des dépenses sociales.

Au Pirée, Giorgos Gogos, président des dockers de l’Autorité portuaire, a résumé la position du mouvement : « Nous avons soutenu la lutte des Palestiniens par des actes, en bloquant depuis Le Pirée les cargaisons liées à la guerre. Nous ne laisserons pas nos ports devenir un maillon de la chaîne de la guerre et de l’économie de guerre. »

Une mobilisation mondiale, du Maroc à l’Inde

L’action a pris des formes variées selon les pays — du débrayage de deux heures à la grève de 24 heures complète :

France : mobilisation massive touchant 24 ports, dont Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque, Nantes Saint-Nazaire et Bordeaux, avec près de 14 000 travailleurs du secteur maritime et portuaire mobilisés.

Italie : blocages majeurs dans des ports stratégiques comme Gênes, Livourne, Trieste et Civitavecchia, parfois accompagnés de blocus d’accès et de manifestations.

Grèce : arrêt du trafic marchandises et des ferries au Pirée, à Thessalonique et dans plusieurs autres ports. Environ 3 000 dockers et marins ont rejoint le mouvement, les services de ferry pour les îles grecques étant suspendus.

Espagne : débrayages ciblés de deux heures dans 16 ports (Algésiras, Barcelone, Valence, Bilbao, etc.).

Maroc : des débrayages symboliques de soutien ont été observés sur les plateformes portuaires de Tanger Med et Casablanca. Un signal fort : le Royaume, carrefour logistique entre l’Europe et l’Afrique, s’inscrit dans ce mouvement international, même à titre symbolique.

Autres pays : rassemblements et actions de protestation en Inde (notamment à Nhava Sheva/Mumbai), en Turquie, en Belgique (Anvers) et au Danemark.

Près de 40 % du trafic méditerranéen perturbé

Selon les premières estimations du secteur maritime, les perturbations ont directement impacté près de 40 % du trafic de marchandises sur les lignes méditerranéennes durant cette journée. Un chiffre qui témoigne de l’ampleur d’une coordination syndicale internationale rare, à une échelle rarement atteinte dans le monde portuaire.

Au-delà de la question de la guerre, les travailleurs ont également réclamé de meilleurs salaires et une amélioration de la sécurité au travail — des revendications sociales qui s’ajoutent au motif pacifiste de la mobilisation.

La journée d’action internationale des dockers du 30 octobre 2026 a paralysé 113 ports dans 22 pays, du Pirée à Nhava Sheva, en passant par Tanger Med. Portée par le mot d’ordre « Les dockers ne travaillent pas pour la guerre », elle a perturbé près de 40 % du trafic méditerranéen de marchandises. La participation symbolique du Maroc, via Tanger Med et Casablanca, témoigne de la dimension mondiale d’un mouvement qui mêle revendications pacifistes et exigences sociales. Une coordination syndicale d’une ampleur rare — dont les effets réels restent à mesurer.


Encadré — Les chiffres clés

  • 113 ports touchés dans 22 pays
  • 40 % du trafic méditerranéen perturbé (estimation provisoire)
  • 24 ports mobilisés en France, 14 000 travailleurs
  • 16 ports en Espagne (débrayages de 2 heures)
  • 3 000 dockers et marins en Grèce
  • Tanger Med et Casablanca : débrayages symboliques de soutien

Encadré — Les revendications

  • Non au transit de cargaisons militaires et aux livraisons d’armes
  • Non à la militarisation des ports marchands
  • Meilleurs salaires et sécurité au travail
  • Réorientation des budgets de réarmement vers les dépenses sociales

Reuters

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