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Facture énergétique : le Maroc encaisse un choc prix de 30 milliards de dirhams

À fin septembre 2026, la facture énergétique du Royaume atteint 111,6 milliards de dirhams, en hausse de 37 % sur un an. Derrière ce bond, un coupable désigné : les gas-oils et fuel-oils, dont les importations ont renchéri de 51 %. Mais la vraie histoire est ailleurs : les volumes n’ont quasiment pas bougé (+2,4 %). Le Maroc a payé plus cher, pas consommé plus.

Un choc prix, pas un choc de demande

Les chiffres sont sans appel. Entre janvier et septembre 2026, le Maroc a déboursé 111 596 millions de dirhams (MDH) pour ses importations d’énergie et de lubrifiants, contre 81 440 MDH un an plus tôt. Soit 30 156 MDH de plus — l’équivalent de 37 % de hausse.

Mais le détail de cette enveloppe raconte une histoire plus subtile. Les gas-oils et fuel-oils, premier poste de la facture, ont vu leurs importations bondir de 51 % (+19 798 MDH). À eux seuls, ils expliquent près de deux tiers de l’augmentation totale.

Or, la décomposition de cette hausse est éclairante :

FacteurContribution
Hausse des prix+47,5 %
Hausse des quantités importées+2,4 %

Autrement dit, la quasi-totalité de la hausse est imputable aux prix internationaux. Les volumes importés n’ont progressé que de 2,4 % — une stabilité qui traduit une demande peu élastique, voire contrainte. Le Maroc n’a pas consommé significativement plus de carburants : il les a payés beaucoup plus cher.

Tous les produits pétroliers emportés par la vague

Le phénomène ne se limite pas aux gas-oils. Tous les produits pétroliers affichent des hausses supérieures à 45 % :

  • Huiles de pétrole et lubrifiants : +54,2 % (+4 938 MDH)
  • Essence de pétrole : +45,4 % (+2 214 MDH)

Un choc prix généralisé sur l’ensemble de la chaîne énergétique, qui ne laisse aucun poste à l’abri.

Ce que cela signifie pour l’économie marocaine

Une pression sur la balance commerciale. La facture énergétique est le premier poste d’importation du Royaume. Une hausse de 30 milliards de dirhams creuse mécaniquement le déficit commercial et exerce une pression sur les réserves de change — même si les recettes d’IDE (+35,2 milliards à fin septembre) et les transferts des MRE viennent partiellement compenser.

Un risque inflationniste. La hausse des carburants se répercute sur les coûts de transport, de production et, in fine, sur les prix à la consommation. Un canal de transmission classique, mais dont l’intensité dépendra de la capacité des entreprises à absorber la hausse.

La facture énergétique marocaine augmente de 37 % (+30 156 MDH) à fin septembre 2026, tirée par les gas-oils et fuel-oils (+51 %, +19 798 MDH). Mais derrière ce chiffre, la réalité est celle d’un choc prix : les volumes importés n’ont progressé que de 2,4 %, tandis que les prix ont flambé de 47,5 %. Le Maroc a payé plus cher, pas consommé plus. Une distinction essentielle — car elle détermine à la fois la réversibilité de la hausse et la vulnérabilité du Royaume aux marchés internationaux.


Encadré — Les chiffres clés (janv.–sept. 2026)

  • Facture énergétique : 111 596 MDH (+37 %, +30 156 MDH)
  • Gas-oils et fuel-oils : 58 588 MDH (+51 %, +19 798 MDH)
  • Effet prix : +47,5 %
  • Effet volumes : +2,4 %
  • Part des gas-oils dans la hausse totale : près de deux tiers (65,6 %)

Encadré — Les autres produits pétroliers

Produit20262025Évolution
Huiles de pétrole et lubrifiants14 0529 114+54,2 %
Essence de pétrole7 0924 878+45,4 %

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