Economie

Bovins : fixé pour fin 2026, le contingent d’importation est épuisé

Le ministère de l’Agriculture a annoncé, vendredi, la saturation du contingent de 300 000 têtes de bovins destinés à l’abattage fixé pour l’année 2026. Un plafond atteint alors que la suspension des droits de douane et de la TVA court jusqu’au 31 décembre.

C’est une annonce qui tombe à un moment charnière. Le cumul des bovins destinés à l’abattage déjà importés et de ceux couverts par des exonérations douanières encore en vigueur, dont l’importation est en cours, a atteint le contingent de 300 000 têtes fixé pour l’année 2026, indique le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire. Les importateurs et les professionnels ont été informés de l’épuisement de ce contingent via l’avis n°1484 du 15 octobre 2026, publié sur le portail électronique du ministère.

24 000 têtes par mois en moyenne

Le rythme des importations témoigne de l’intensité de l’opération. La moyenne mensuelle s’est établie à près de 24 000 têtes, avec des variations selon les mois : plus de 44 000 têtes durant juin et juillet, contre 17 000 têtes durant août et septembre. Au total, 37 sociétés importatrices ont participé à ces opérations. Plus de 90 % des bovins importés proviennent du Brésil, dont l’offre est plus abondante que celle des pays européens.

Le mois d’octobre a toutefois enregistré une augmentation des demandes, à la suite de l’ouverture des importations en provenance du marché portugais, qui présente l’avantage de la proximité géographique.

Un rempart contre la flambée des prix

Cette opération a permis d’approvisionner les marchés nationaux en viandes rouges et d’en garantir la disponibilité. Elle a également contribué à la stabilité des prix à l’échelle nationale. Un effet non négligeable, tant le marché connaît ces dernières années une hausse des prix des viandes rouges. Le ministère explique cette inflation par la diminution du nombre de têtes de bétail destinées à l’abattage, en raison de la sécheresse qu’a connue le Royaume ces dernières années, conjuguée à la raréfaction et au renchérissement des aliments pour bétail, produits localement ou importés. Cette situation a poussé certains éleveurs à abattre une partie des femelles bovines, entraînant une réduction de l’offre actuelle.

Jusqu’au 31 décembre 2026

Pour faire face à cette conjoncture, le gouvernement avait décidé, au titre de l’année 2026, de suspendre la perception des droits de douane et de la TVA applicables à l’importation de 300 000 têtes de bovins domestiques, et ce jusqu’au 31 décembre 2026, conformément au décret n° 2.25.720 du 29 août 2025 et à l’article 2 de la loi de finances n°50.25.

L’opération, qui n’est soumise à aucune autorisation préalable, a été ouverte à l’ensemble des importateurs et des professionnels, conformément à l’avis n°218 du 2 février 2026. Les demandes d’exonération douanière sont déposées via la plateforme « PORTNET » et traitées par ordre chronologique de réception, dans un délai inférieur à 24 heures. La durée de validité des exonérations accordées a par ailleurs été limitée à un mois.

Reste désormais une question : alors que le dispositif douanier court jusqu’à la fin de l’année, comment maintenir l’approvisionnement du marché et contenir la pression sur les prix, dans un contexte de cheptel national fragilisé par des années de sécheresse ? MAP

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