
Dans un rapport publié la semaine dernière, Oxfam souligne que la reconstruction de Gaza coûtera 71 milliards de dollars. L’ONG propose un plan de relance à destination des dirigeants mondiaux, mais elle insiste surtout sur la nécessité d’inclure la population palestinienne dans la prise de décision.
Le rapport Reconstruire la bande de Gaza, réalisé par Oxfam et des organisations palestiniennes, compile des données de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de l’ONU pour évaluer le coût de la reconstruction. Celui-ci s’élèverait à 71 milliards de dollars. Mais ce chiffre ne tient pas compte de ce qu’il est impossible de remplacer, souligne Bushra Khalidi, directrice du plaidoyer international pour Oxfam.
« Comment on chiffre une vie perdue? Comment on chiffre une génération entière d’enfants qui a été privée d’école depuis les trois dernières années? Comment on chiffre des familles entières tuées, un patrimoine complètement effacé et les souvenirs qui ont été ensevelis sous les décombres ou une terre qui a été complètement contaminée, qu’il faudra des décennies à restaurer », s’interroge-t-elle mardi dans La Matinale de la RTS.
« Comment chiffre-t-on la destruction du tissu social de Gaza, de ses réseaux familiaux, de sa mémoire collective? », poursuit-elle. « On ne peut pas. C’est précisément pour cela que la reconstruction ne peut pas être uniquement une question d’argent. »
Leadership palestinien
Dans son rapport, Oxfam détaille les pertes humaines. Selon les chiffres officiels relayés par l’ONG, 73’000 Palestiniens sont morts, 173’000 ont été blessés et près de deux millions ont été déplacés. S’appuyant sur des consultations menées dans la bande de Gaza, le rapport propose un plan de reconstruction sur cinq ans. Celui-ci appelle à une coordination avec l’UE, l’Egypte, les Etats arabes du Golfe, l’ONU et les agences internationales. Il prévient toutefois que ce plan échouera sans un leadership palestinien.
« Les Palestiniens devraient être au centre de toutes les décisions qui sont prises quand ça en revient à leur vie, à leur futur et à la reconstruction de leur patrimoine, de leur ville et de leur maison », affirme Bushra Khalidi. « Pour l’instant, nous ne voyons pas les Palestiniens au centre de ces décisions. On voit un management externe qui pense pouvoir reconstruire une ville entière depuis New York. Ça ne marche pas comme ça. »
A moins de deux mois de la prochaine Assemblée générale de l’ONU, les auteurs de ce plan de relance appellent donc à transférer le pouvoir de décision aux Palestiniens, mais aussi à lever les restrictions et garantir la paix pour que la reconstruction soit durable.
rtsinfo



