International

Moonshot, la start-up chinoise qui veut rivaliser avec OpenAI à moindre coût

L’entreprise chinoise Moonshot a dévoilé, à la fin de la semaine dernière, Kimi K3, un modèle de langage open source présenté comme le plus grand jamais développé. Sa gratuité et ses performances annoncées inquiètent déjà les géants américains du secteur.

Depuis la sortie, en décembre 2024, du V1 du concurrent DeepSeek, les IA chinoises bousculent régulièrement le secteur avec leurs modèles systématiquement ouverts (téléchargeables et modifiables) et à moindre coûts.

Ils remettent partiellement en cause les fondamentaux économiques de l’intelligence artificielle tels que posés par les grands acteurs occidentaux, avec modèles payants et fermés, c’est-à-dire uniquement utilisables et pas malléables.

« Il ne faut pas se perdre dans le débat Chine contre Etats-Unis. Le vrai affrontement, c’est entre les modèles ouverts et les modèles propriétaires », a expliqué Laura Tocmacov, cofondatrice et directrice de la Fondation Impact IA, mercredi dans l’émission Forum de la RTS.

Pour la spécialiste, cette évolution pourrait marquer un changement profond dans la manière dont l’intelligence artificielle est développée et utilisée: « L’intelligence artificielle a été nourrie par l’humanité. Il est normal qu’on rende à l’humanité ce que cette intelligence artificielle peut faire ».

2800 milliards de variables

Avec Kimi K3, un nouveau palier a été franchi, ne serait-ce que par la taille. Il a été construit avec 2800 milliards de variables (critères modifiables), soit quasiment le double du dernier modèle chinois le plus puissant (1600 pour DeepSeek V4 Pro sorti en avril).

Moonshot AI se targue ainsi de « fixer la limite haute de la taille des modèles ouverts ». Mais ce sont surtout les performances de Kimi K3, en comparaison avec d’autres modèles qui ont surpris

Dans certains classements, l’interface de Moonshot AI arrive même en tête, notamment pour la programmation d’applications ou de sites, selon la hiérarchie établie par la plateforme de référence Arena AI (anciennement LMArena).

Régulations de la Maison Blanche

Pendant que la Chine accélère encore, « les Etats-Unis se font des nœuds au cerveau », reproche David Sacks référent IA de la Maison Blanche jusqu’en mars et toujours conseiller de Donald Trump.

« Politiciens et bureaucrates interdisent les centres de données, empilent les régulations au niveau des Etats, et poussent à ce que de nouvelles agences fédérales aient le pouvoir d’autoriser les modèles les plus avancés. »

Le quinquagénaire fait référence au mouvement de protestation contre l’implantation de nouveaux centres de données, ainsi qu’au revirement du gouvernement Trump, qui souhaite désormais tester les IA les plus sophistiquées avant leur mise sur le marché.

Pour Dean Ball, également ancien conseiller de la Maison Blanche sur l’IA, voir le système chinois s’imposer reviendrait à ce que l’intelligence artificielle devienne un « bien public » et plus un produit, ce qui freinerait le progrès et les investissements car les acteurs privés seraient dissuadés de s’impliquer.

Emergence des agents IA

Déjà très suivis et de plus en plus utilisés à l’Ouest, les modèles chinois ont enregistré, ces derniers mois, un regain d’intérêt du fait de leur coût plus faible, en moyenne, que celui des modèles de pointe américains, à l’heure où le prix de l’IA explose.

L’émergence des agents IA, des interfaces susceptibles d’effectuer, sur simple demande en langage courant, une série de tâches, voire de s’auto-évaluer puis de se corriger, a démultiplié les besoins en puissance de calcul et fait gonfler la facture d’un projet donné. rts

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page