Automobile : Stellantis cite le Maroc parmi ses sites industriels les plus compétitifs

Stellantis devrait trancher dans les prochains mois sur son projet d’usine en Afrique du Sud
Le constructeur automobile Stellantis poursuit l’examen de son projet de construction d’une usine dans la province du Cap-Oriental, en Afrique du Sud, et prévoit de prendre une décision au cours des prochains mois, a indiqué le directeur général de Stellantis Afrique du Sud, Mike Whitfield.
Le groupe avait annoncé en 2023 son intention d’implanter sa première usine sud-africaine dans la ville côtière de Gqeberha (anciennement Port Elizabeth), avec pour objectif initial de produire exclusivement le pick-up Peugeot Landtrek.
Un projet suspendu mais toujours d’actualité
Initialement prévue pour être achevée en 2025, l’usine fait aujourd’hui l’objet d’une révision stratégique. Stellantis adapte son projet afin qu’il puisse accueillir la production de plusieurs modèles, dans un contexte marqué par l’évolution de l’économie des exportations et des préférences des consommateurs.
« Nous n’avons certainement pas abandonné ce projet. Nous l’avons simplement mis en pause », a déclaré Mike Whitfield lors d’une conférence de presse consacrée à la stratégie de 60 milliards d’euros dévoilée en mai par Stellantis pour la région Moyen-Orient et Afrique.
Une concurrence asiatique de plus en plus forte
Selon le dirigeant, le marché automobile africain connaît de profondes mutations avec l’arrivée massive de constructeurs asiatiques, notamment chinois.
« Le marché a considérablement évolué avec l’arrivée des acteurs asiatiques et la multiplication de véhicules proposés à moins de 400.000 rands (environ 24.400 dollars) », a-t-il expliqué.
Il a également souligné que la production locale de pick-up perd progressivement du terrain.
« Il y a trois ans et demi, près de 94 % des pick-up vendus en Afrique étaient fabriqués localement. Aujourd’hui, cette part est tombée à un peu plus de 70 % », a-t-il précisé.
Stellantis devrait clarifier les prochaines étapes de son projet industriel « dans les prochains mois ».
La montée en puissance des constructeurs chinois
Cette réévaluation intervient alors que le marché sud-africain est profondément transformé par l’arrivée de véhicules chinois à prix compétitifs, proposés notamment par Chery et d’autres constructeurs asiatiques.
Cette nouvelle concurrence pousse les grands groupes automobiles internationaux à revoir leurs stratégies industrielles, leurs chaînes d’approvisionnement ainsi que leur politique tarifaire.
Interrogé sur une éventuelle coopération avec des constructeurs chinois dans le cadre de son futur site sud-africain, Mike Whitfield a indiqué que Stellantis restait avant tout concentré sur ses propres activités.
Davantage d’importations depuis l’Asie
Le responsable a toutefois annoncé que Stellantis renforcera ses approvisionnements destinés au marché sud-africain en provenance d’Asie, y compris de Chine.
« Les constructeurs chinois ont réalisé un travail remarquable. Pour rester compétitifs, nous devons nous approvisionner avec le même niveau de compétitivité », a-t-il déclaré.
Le Maroc parmi les sites les plus compétitifs du groupe
Dans la région Moyen-Orient et Afrique, Stellantis considère que ses usines implantées au Maroc et en Turquie figurent parmi les plus compétitives du groupe.
Selon Samir Cherfan, directeur des opérations de Stellantis pour le Moyen-Orient et l’Afrique, le constructeur identifie également un important potentiel de croissance en Afrique subsaharienne.
Pour répondre à cette demande, Stellantis entend compléter sa production locale par l’importation de SUV et de pick-up provenant d’Asie, produits aux meilleurs coûts de référence, afin de renforcer sa compétitivité sur les marchés africains. bizcommunity


