
Après une année 2025 placée sous le signe d’un approvisionnement massif à l’international, le Maroc réduit la voilure. Les chiffres de l’Office des changes du premier trimestre (T1) 2026 révèlent une chute de 52,9 % des importations d’animaux vivants, marquant une rupture nette avec la frénésie d’achat observée l’an dernier.
En 2025, pour pallier l’érosion de son cheptel local due à la sécheresse, le Royaume était devenu le deuxième client mondial du Brésil pour les bovins vivants, avec une facture dépassant les 217 millions de dollars.
À lui seul, le Maroc a importé 49 073 têtes de bovins au cours des sept premiers mois de 2025 , représentant plus de 13 % des exportations de l’État du Pará vers l’étranger. Ce positionnement place le Maroc au deuxième rang des importateurs africains, derrière l’Égypte, qui a importé environ 134 000 têtes, soit plus de 36 % des exportations du même État brésilien.
Mais dès le début de 2026, la tendance s’inverse nettement. Les importations d’animaux vivants chutent de plus de 50 % en glissement annuel, tant en volume qu’en valeur. Les quantités passent d’un peu plus de 41 000 tonnes au T1-2025 à environ 20 000 tonnes au T1-2026, tandis que la facture est divisée par deux, retombant sous le seuil de 900 millions de dirhams, après 1,8 milliard de dirhams.
Une nature qui reprend ses droits
Le principal moteur de ce changement est le retour d’une pluviométrie généreuse. Après plusieurs années de stress hydrique, les précipitations ont permis :
L’amélioration du couvert végétal : Les pâturages naturels se sont régénérés, offrant une alimentation locale et gratuite pour le bétail.
La santé de la faune et de la flore : Un écosystème revitalisé qui réduit la pression sur les éleveurs, lesquels n’ont plus besoin de compenser le manque de fourrage par des importations coûteuses.
La régénération du cheptel national: L’autre facteur clé est d’ordre structurel. Le pays sort d’une année sans célébrations religieuses (impactant la demande de sacrifice), ce qui a offert une « année de repos » biologique au troupeau marocain
Ce répit a permis une reconstitution naturelle du stock local, Cheptel à 40 millions de têtes, selon la tutelle, limitant ainsi le besoin de recourir aux bovins étrangers pour combler les vides dans les fermes.



