Dispositifs médicaux : le PLF 2027 ajuste les droits de douane pour booster la production locale

Le projet de loi de finances 2027 modifie le tarif douanier sur les tubes de prélèvement sanguin. D’un côté, les droits sur les tubes de transport baissent de 17,5 % à 2,5 % pour faciliter l’approvisionnement des fabricants de réactifs. De l’autre, les tubes PET voient leurs droits grimper de 2,5 % à 10 % pour protéger la production nationale. Une logique de substitution aux importations assumée.
Deux mesures, une même stratégie
Le gouvernement l’assume : il veut encourager le fabriqué au Maroc dans le secteur des dispositifs médicaux. Et pour cela, il n’hésite pas à jouer sur les droits de douane. Le projet de loi de finances 2027, déposé au Parlement le 23 octobre 2026, prévoit deux ajustements tarifaires symétriques sur les tubes utilisés pour les prélèvements sanguins.
Première mesure : les tubes de prélèvement et de transport d’échantillons sanguins voient leur droit d’importation passer de 17,5 % à 2,5 %. Objectif : permettre aux fabricants nationaux de réactifs de diagnostic in vitro de s’approvisionner en intrants à des coûts maîtrisés. Une baisse spectaculaire de 15 points, qui vise à alléger la facture des industriels locaux.
Seconde mesure, en sens inverse : les dispositifs de collecte d’échantillons sanguins et biologiques en tubes de polyéthylène téréphtalate (PET) voient leur droit d’importation augmenter de 2,5 % à 10 %. Cette fois, il s’agit de renchérir les produits finis importés pour soutenir la compétitivité de la production nationale et favoriser le remplacement des importations par des dispositifs fabriqués localement.
Une identification spécifique au tarif douanier
Les deux produits bénéficient d’une identification distincte dans le tarif douanier, afin que les ajustements s’appliquent précisément aux catégories visées. Une précision technique qui évite les effets de bord sur d’autres produits de la nomenclature.
La logique du « give and take »
Ces deux mesures fonctionnent en miroir : on abaisse le coût des intrants importés pour les fabricants locaux de réactifs, tout en renchérissant les produits finis importés (tubes PET) pour stimuler la production nationale. Une approche classique de substitution aux importations, appliquée à un segment sensible du secteur médical.
Le Maroc applique déjà une politique similaire à d’autres produits pharmaceutiques, avec des droits modulés selon que le produit est importé, fabriqué localement, ou les deux. Le PLF 2027 poursuit cette logique : protéger l’industrie naissante des dispositifs médicaux, tout en veillant à ce que les fabricants de réactifs ne soient pas pénalisés par des coûts d’approvisionnement excessifs.



