
Le taux de chômage de la région de Béni Mellal-Khénifra est passé de 10,3 % au premier trimestre 2026 à 7,6 % au troisième trimestre, une baisse spectaculaire de 2,7 points en six mois. Un chiffre que les responsables locaux pourraient brandir comme une preuve d’efficacité. Mais ce 7,6 % est un mirage statistique. Derrière cette amélioration apparente se cache une réalité bien plus sombre.
La baisse du taux de chômage strict de 10,3 % à 7,6 % entre le premier et le troisième trimestre 2026 ne signifie pas automatiquement qu’environ 3 personnes sur 100 de la population active ont basculé du chômage vers l’emploi. Cette interprétation, bien que séduisante, est trompeuse : elle suppose que la baisse du chômage résulte nécessairement de créations d’emplois, alors que d’autres mécanismes — tout aussi plausibles — peuvent produire le même effet statistique sans aucune amélioration réelle de la situation sociale.
L’hypothèse d’un basculement vers l’inactivité, du découragement ou de l’exode ne peut pas être écartée. Si des chômeurs ont renoncé à chercher activement un emploi — parce qu’ils ne croient plus en trouver —, ils sortent de la population active et ne sont plus comptés comme chômeurs. Le taux baisse… sans que leur situation ne se soit améliorée d’un iota. De même, si des chômeurs ont quitté la région pour chercher du travail ailleurs, le taux régional baisse… mais le problème est simplement déplacé, pas résolu.
Un taux de 7,6 % dans une région à dominante agricole et rurale peut refléter un sous-emploi déguisé massif plutôt qu’une réelle santé de l’emploi. La région cumule les handicaps d’une économie rurale (informel, saisonnalité, exode) avec les symptômes d’un déficit de développement industriel et de services. Seule une lecture combinée de tous les indicateurs — et non du seul taux de chômage — permet de saisir l’ampleur du défi.
Béni Mellal-Khénifra : un chômage en recul, à contre-courant de la tendance nationale
La comparaison fait ressortir un véritable décrochage de Béni Mellal-Khénifra par rapport à la tendance nationale. Alors que les taux de chômage urbain et rural remontent au troisième trimestre 2026, la région poursuit sa baisse. Elle affiche ainsi une évolution à contre-courant, aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport au début de l’année.
| Indicateur | T1 2026 | T2 2026 | T3 2026 | Évolution T1-T3 |
|---|---|---|---|---|
| Chômage urbain national | 13,5% | 11,9% | 12,5% | -1,0 pt |
| Chômage rural national | 6,1% | 5,4% | 6,9% | +0,8 pt |
| Béni Mellal-Khénifra | 10,3% | 7,9% | 7,6% | -2,7 pts |
Pour comprendre la réalité…


