Le ministre de l’Agriculture, Khalid Hatimy, a annoncé mercredi à Erfoud une production prévisionnelle d’environ 180 000 tonnes de dattes pour la campagne 2026-2027, en deçà d’une consommation nationale estimée entre 220 000 et 250 000 tonnes par an. Un déficit structurel que Rabat entend combler en développant la filière phoenicicole, pilier économique et social des territoires oasiens.
Une production insuffisante face à la demande intérieure
Intervenant à l’ouverture de la 15e édition du Salon International des Dattes au Maroc (SIDATTES 2026), le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté Alimentaire a présenté les chiffres clés de la filière :
| Indicateur | Données |
|---|---|
| Production prévisionnelle 2026-2027 | ~180 000 tonnes |
| Consommation nationale annuelle | 220 000 à 250 000 tonnes |
| Déficit structurel | 40 000 à 70 000 tonnes |
Une filière à fort impact économique et social
Au-delà de la production, le ministère met en avant le poids considérable de la filière phoenicicole dans l’économie des zones oasiennes :
- Plus de 3 milliards de dirhams de valeur ajoutée générée
- Plus de 3,4 millions de journées de travail par an
- Jusqu’à 60 % du revenu agricole des ménages oasiens
- Près de 2 millions de citoyens en dépendent directement ou indirectement
La filière joue également un rôle territorial et environnemental majeur : limitation de l’exode rural, lutte contre la désertification et préservation du patrimoine oasien, dans la continuité du Plan Maroc Vert puis de la stratégie Génération Green 2020-2030.
Les priorités affichées par le gouvernement
Le ministre a détaillé les axes d’intervention pour renforcer la compétitivité de la filière :
- Renforcement des capacités de stockage et de valorisation
- Régulation des prix sur le marché national
- Accompagnement des agriculteurs pour accroître leur présence sur les marchés internationaux
- Création d’emplois au profit des jeunes, dans une logique de développement territorial
Le Maroc dispose d’un patrimoine phoenicicole stratégique, mais reste structurellement dépendant des importations pour couvrir sa consommation. Les marges de progression existent : extension des superficies, amélioration des rendements, modernisation des circuits de stockage et de valorisation, montée en gamme à l’export.
La filière constitue ainsi un laboratoire de la stratégie Génération Green : concilier souveraineté alimentaire, développement territorial, création d’emplois jeunes et préservation des écosystèmes oasiens. Le défi reste celui de la conversion des ambitions affichées en résultats mesurables — un enjeu qui dépasse la seule filière des dattes et interroge la capacité de l’État à transformer ses visions stratégiques en progrès concrets pour les populations rurales. map
