Economie

Rapport sur le foncier public : le silence sur Casablanca-Settat est-il volontaire ou accidentel ?

Avec seulement 2 projets sur 25, Casablanca-Settat concentre 29,40 % de la superficie mobilisée par l’État pour l’habitat en 2025, soit 317,52 hectares sur 1 080. Un poids foncier écrasant, qui contraste avec une absence totale de données sur l’investissement régional fournies par le Rapport sur le foncier public mobilisé pour l’investissement (PLF 2027). Derrière ce silence, une question simple : combien la région capitale a-t-elle réellement dépensé pour loger ses habitants ? Cette omission — volontaire ou accidentelle — doit être clarifiée avant toute publication.

C’est un chiffre qui devrait interpeller. En 2025, l’État a mobilisé 1 080 hectares pour le secteur de l’habitat, répartis sur 25 projets. À elle seule, la région de Casablanca-Settat en capte 29,40 %, soit 317,52 hectares — pour seulement 2 projets, soit 8 % du total. Une superficie moyenne de 158,76 hectares par projet, contre 43,20 hectares à l’échelle nationale. Autrement dit, les projets casablancais sont 3,67 fois plus étendus que la moyenne.

Sur le papier, le constat est clair : la première région économique et démographique du Royaume accapare près d’un tiers du foncier mobilisé pour l’habitat. Une logique qui peut se défendre, tant la pression démographique y est forte. Mais une donnée essentielle manque à l’appel : l’investissement régional. Le document fournit l’investissement global national — 4 839 millions de dirhams — mais reste muet sur la part de Casablanca-Settat.

Répartition régionale de l’investissement projeté (Secteur de l’Habitat)

RégionPart de l’investissement projeté
L’Oriental4,44 %
Dakhla-Oued Eddahab13,90 %
Laâyoune-Sakia El Hamra15,93 %
Béni Mellal-Khénifra24,29 %
Rabat-Salé-Kénitra41,45 %
Total100,01 %

Une exigence de transparence

Le secteur de l’habitat mobilise des ressources foncières et financières considérables. Dans un contexte de tension sur le logement, de pression démographique et de débats récurrents sur l’accès à la propriété, la publication de données partielles n’est pas à la hauteur des enjeux.

Le cas de Casablanca-Settat est emblématique : la région concentre près d’un tiers du foncier, mais on ignore combien elle y investit. Cette asymétrie entre ce qui est mesuré (la surface) et ce qui ne l’est pas (la dépense) empêche toute évaluation sérieuse de la politique publique.

Conclusion : un tiers du foncier, zéro visibilité financière

Casablanca-Settat accapare 29,40 % de la superficie mobilisée pour l’habitat en 2025, avec seulement 2 projets sur 25. Un poids foncier qui s’explique par la pression démographique et économique de la région, mais qui reste financièrement invisible faute de données sur l’investissement régional.

Tant que cette donnée ne sera pas publiée, le débat sur l’effort de l’État en matière d’habitat restera tronqué. On saura où le foncier est mobilisé, pas combien il coûte ni à quoi il sert. Pour une politique qui engage des milliards de dirhams et des centaines d’hectares, c’est une lacune difficilement justifiable.

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