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La facture fiscale des EEP en 2025

Les établissements et entreprises publics (EEP) ont versé 24,32 milliards de dirhams au titre de l’IS, de l’IR et de la TVA en 2025, contre 22,63 milliards en 2024, soit une hausse de 7,5 %. Une progression portée presque entièrement par la TVA, dont la contribution a bondi de plus de 25 %. Derrière ce chiffre, une réalité plus nuancée : les EEP pèsent 11 % des recettes fiscales, mais leur contribution au Budget général, elle, a plus que doublé en dix ans.

24,3 milliards : la facture fiscale des entreprises publiques

En 2025, les établissements et entreprises publics ont contribué à hauteur de 24 320 millions de dirhams aux recettes de l’État au titre de l’impôt sur les sociétés (IS), de l’impôt sur le revenu (IR) et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Un montant en hausse de 7,5 % par rapport aux 22 631 millions de 2024.

Cette contribution représente 11 % des recettes globales au titre de ces trois impôts. Autrement dit, sur 100 dirhams encaissés par le fisc au titre de l’IS, de l’IR et de la TVA, 11 proviennent des entreprises publiques.

La TVA, moteur de la hausse

L’évolution de 2025 est presque entièrement attribuable à la TVA. Sa contribution a atteint 9 740 millions de dirhams, en hausse de plus de 25 % par rapport à 2024. Un bond spectaculaire, qui contraste avec la relative stabilité de l’IS (7 771 millions, en léger recul) et la progression modérée de l’IR (4 520 millions).

Cette dynamique reflète à la fois la reprise de l’activité économique dans les secteurs portés par les EEP (énergie, télécommunications, transport, phosphates) et l’élargissement progressif de l’assiette de la TVA.

Cinq ans de croissance presque ininterrompue

AnnéeISIRTVATotal
20217 1544 2866 73620 580
20227 0944 3477 58920 691
20236 9614 5207 76623 027
20247 8444 3477 84422 631
20257 7714 5209 74024 320

Montants en millions de dirhams. L’IS correspond aux recettes effectivement recouvrées par la DGI auprès des sociétés mères (hors filiales).

Entre 2021 et 2025, la contribution fiscale des EEP a progressé de 18,2 %, passant de 20,58 à 24,32 milliards de dirhams. La TVA est passée de 33 % à 40 % du total sur la période.

La contribution au Budget général a doublé en dix ans

Au-delà de la fiscalité, les EEP versent également des dividendes et contributions au Budget général. Cette contribution, hors cessions d’actifs et privatisations, est passée de 8,96 milliards de dirhams en 2015 à 20,61 milliards en 2025, et devrait atteindre 23,03 milliards en 2027 selon les prévisions.

AnnéeContribution au Budget général (Md DH)
20158,96
20209,59
202313,99
202416,63
202520,61
2026*20,69
2027**23,03

* Prévisions de clôture. ** Prévisions.

Cette progression traduit une politique assumée : l’État attend davantage de ses entreprises publiques, à la fois comme contribuables et comme pourvoyeuses de dividendes.

Ce qu’il faut retenir

Ce que disent les chiffresCe qu’ils ne disent pas
24,3 Md DH de recettes fiscales en 2025La part des filiales n’est pas comptabilisée dans l’IS
+7,5 % en un anLa hausse repose presque uniquement sur la TVA
11 % des recettes IS/IR/TVALes EEP restent un contributeur minoritaire
20,6 Md DH versés au Budget généralLe montant inclut les dividendes, pas seulement l’impôt
23 Md DH prévus en 2027Une prévision qui dépend de la santé financière des EEP

Les produits versés par les EEP au Budget Général comprennent notamment les dividendes, les parts de bénéfices, les produits de monopole, les contributions ainsi que les redevances pour occupation du domaine public. Sur la période 2015-2025, ces produits, hors cessions d’actifs et privatisation, ont plus que doublé passant de 8.957 MDH en 2015 à 20.610 MDH en 2025.


En 2025, ces produits ont connu une hausse de 24% par rapport à 2024 (16.627 MDH). Les principaux versements ont été effectués par l’ANCFCC (6.500 MDH), OCP SA (6.177 MDH) et Bank Al-Maghrib (4.262 MDH). Ces trois entités représentent à elles seules près de 82% des produits provenant des EEP en 2025.

Cette concentration reflète notamment le poids économique et financier de ces opérateurs ainsi que leur capacité à dégager des résultats et des ressources susceptibles d’être reversés au Budget Général. Elle s’inscrit dans une configuration relativement stable sur la période récente, OCP SA, l’ANCFCC et Bank Al-Maghrib ayant représenté, en moyenne, environ 84%
des contributions sur la période 2020-2025.


Les prévisions de clôture pour 2026 portent les produits à provenir des EEP à 20.691 MDH, soit une quasi-stagnation par rapport aux réalisations de 2025 alors qu’ils enregistrent un montant additionnel de 1.168,5 MDH par rapport aux prévisions initiales de la Loi de Finances 2026 arrêtées à 19.522 MDH (hors cession d’actifs et privatisation).

Pour 2027, les produits attendus sont estimés à 23.027 MDH (hors cession d’actifs et privatisation), soit +18% par rapport aux prévisions initiales de 2026. Les projections pour 2028 et 2029 s’établissent respectivement à 18.281 MDH et 18.856 MDH.
Le graphique suivant retrace l’évolution des réalisations (jusqu’à 2025) et des prévisions (2026 et 2027) au titre des produits provenant des EEP sur la période 2015-2027.

Les entreprises publiques ne sont pas les vaches à lait que certains imaginent : avec 11 % des recettes fiscales, elles restent un contributeur significatif mais minoritaire. En revanche, leur contribution au Budget général a doublé en dix ans, et la trajectoire prévue pour 2027 confirme une tendance lourde : l’État compte de plus en plus sur ses entreprises pour financer ses dépenses. Reste à savoir si ces dernières pourront soutenir ce rythme sans compromettre leurs propres investissements.

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