Economie

PLF2027-Réforme de l’IR: 87 % des salariés totalement exonérés

Le projet de loi de finances 2027 lance une réforme de l’impôt sur le revenu étalée sur cinq ans. Au menu : relèvement du seuil exonéré de 40 000 à 60 000 dirhams par an, réduction du nombre de tranches de cinq à trois (10 %, 20 %, 30 %), et abaissement du taux marginal de 37 % à 30 %. Dès 2027, les salariés dont le salaire net est inférieur à 10 000 dirhams par mois seront totalement exonérés, soit 87 % des salariés. Gain estimé pour la majorité d’entre eux : environ 500 dirhams par mois. Coût de la première étape : 5,5 milliards de dirhams.

Le barème applicable en 2027

Selon le texte du projet de loi de finances, le barème transitoire applicable du 1er janvier au 31 décembre 2027 est le suivant :

Tranche de revenu net annuel (DH)Taux
0 – 60 000Exonéré
60 001 – 80 00010 %
80 001 – 100 00020 %
100 001 – 180 00034 %
Plus de 180 00037 %

Par rapport au régime actuel, les principaux changements sont les suivants : le seuil exonéré passe de 40 000 à 60 000 dirhams ; la tranche 60 000 – 80 000 voit son taux passer de 20 % à 10 % ; la tranche 80 000 – 100 000 passe de 30 % à 20 %. Les taux applicables au-delà de 100 000 dirhams ne sont pas modifiés en 2027.

87 % des salariés totalement exonérés

Le ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, l’a confirmé devant le Parlement : les salariés dont le salaire net est inférieur à 10 000 dirhams par mois seront totalement exonérés d’impôt sur le revenu à partir de janvier 2027. Concrètement, 87 % des salariés cesseront de payer l’IR, seuls 13 % restant imposables.

Le gain mensuel atteindra environ 500 dirhams la première année pour « la majorité des salariés concernés ». Ce chiffre constitue un plafond pour 2027 : il correspond à un revenu annuel net imposable d’environ 100 000 dirhams.

L’horizon 2031 : trois tranches et des gains plus élevés

La réforme se déploie sur cinq ans, avec une montée en charge progressive des tranches entre 2028 et 2030. À l’horizon 2031, le barème cible comporte trois tranches : exonération (jusqu’à 60 000 DH), 10 %, 20 % et 30 %. Le taux marginal passe de 37 % à 30 %.

Les gains mensuels deviennent alors significatifs : 1 186 dirhams par mois pour un salaire de 11 829 dirhams, et 3 079 dirhams par mois pour un salaire de 18 737 dirhams. Le taux marginal de 30 % ne concernera plus qu’une infime minorité, dont le revenu net annuel dépasse 500 000 dirhams.

Coût budgétaire et contexte politique

Le coût de la réforme est estimé à 5,5 milliards de dirhams pour 2027. À noter : le dispositif final est en retrait par rapport aux promesses de campagne. Le parti au pouvoir avait promis de ramener le taux marginal à 20 % et d’exonérer les salariés dont le salaire brut est inférieur à 15 000 dirhams. Le texte final retient un taux marginal de 30 % et un seuil d’exonération plus bas.

500 dirhams par mois, pour un salarié payé 4 000 ou 5 000 dirhams, c’est une amélioration concrète. Mais les principaux bénéficiaires de la réforme restent les classes moyennes : les très bas salaires payaient déjà peu d’IR, et l’exonération ne change pas grand-chose pour eux. Quant à la progressivité sur cinq ans, elle signifie que le gain complet n’interviendra qu’en 2031 — reste à savoir si le prochain gouvernement poursuivra cette trajectoire.

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