
Le Maroc a profité de son retour au statut d’Investment Grade (catégorie investissement) pour réaliser une importante émission obligataire en euros. Il s’agit de sa première sortie sur le marché des Eurobonds depuis que sa note souveraine a été rehaussée.
Les points clés de l’émission
L’opération a été structurée en deux tranches pour un montant total de 2,25 milliards d’euros, attirant une très forte demande de la part des investisseurs internationaux :
- Tranche à 8 ans : 1,25 milliard d’euros levés (échéance mai 2034).
- Le carnet d’ordres a dépassé les 3 milliards d’euros.
- Le spread final a été fixé à 170 points de base (pb) au-dessus des mid-swaps, après des discussions initiales autour de 200 pb.
- Tranche à 12 ans : 1 milliard d’euros levés (échéance mai 2038).
- Le carnet d’ordres a dépassé les 2,2 milliards d’euros.
- Le spread final a été resserré à 200 points de base (pb), contre 230 pb initialement annoncés.
Le détail technique : Les banques chefs de file (BNP Paribas, Citi, Deutsche Bank et JP Morgan) ont estimé la juste valeur (fair value) à 160 pb et 190 pb, ce qui signifie que le Maroc n’a payé qu’une prime d’émission (concession) très limitée de 10 pb sur chaque tranche.
Le contexte de notation (Rating)
Cette émission marque un tournant pour le Trésor marocain après une période d’absence :
- S&P Global Ratings a relevé la note du Maroc à BBB- (avec une perspective stable confirmée en mars), lui permettant de sortir de la catégorie spéculative (junk) où il se trouvait depuis 2021. S&P justifie ce choix par de bonnes politiques macroéconomiques, l’assainissement budgétaire et un niveau adéquat de réserves de change.
- Moody’s maintient sa note à Ba1 mais a basculé sa perspective de stable à positive en mars, ouvrant la voie à un autre relèvement prochain.
- Fitch évalue le pays à BB+ avec une perspective stable.
Facteurs économiques et géopolitiques
Bien que le profil du Maroc reste très attractif pour les investisseurs, l’analyse de marché souligne certains défis actuels. Le pays fait face aux contrecoups indirects de la guerre au Moyen-Orient (notamment les tensions sur le prix du pétrole et le transport via le détroit d’Hormuz).
Pour contrer l’inflation et les perturbations économiques, le gouvernement marocain a d’ailleurs débloqué une enveloppe budgétaire supplémentaire de 2 milliards de dollars. Cependant, les agences de notation estiment que le Maroc dispose de « solides tampons » (solid buffers) économiques pour absorber ces chocs. agences



