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HCP: Le Chômage augmente dans les villes marocaines

Chômage urbain : les jeunes frappés de plein fouet, les diplômés davantage exposés

Le chômage strict en milieu urbain est remonté à 12,5 % au troisième trimestre 2026, contre 11,9 % trois mois auparavant. Mais derrière cette hausse globale, un chiffre retient particulièrement l’attention : 39,2 % des actifs âgés de 15 à 24 ans sont au chômage. L’élargissement de la mesure à la main-d’œuvre potentielle porte, par ailleurs, le taux combiné à 18,2 %. Le marché du travail révèle ainsi des difficultés que le seul indicateur du chômage strict ne suffit pas à restituer.

Le marché du travail urbain marocain montre de nouveaux signes de tension. Au troisième trimestre 2026, le taux de chômage strict a atteint 12,5 %, en hausse de 0,6 point par rapport au trimestre précédent, selon la note d’information, émanant du Haut Commissariat au Plan, relative à la situation du marché de travail au troisième trimestre de l’année 2026.

Cette progression ne se limite pas à une catégorie particulière : elle touche les jeunes, mais également les diplômés, y compris ceux disposant d’un niveau de formation avancé.

IndicateurT2 2026T3 2026Variation
Taux de chômage strict urbain11,912,5+0,6 pt

La situation des 15-24 ans concentre les inquiétudes. Leur taux de chômage est passé de 35,4 % au deuxième trimestre à 39,2 % au troisième, soit une augmentation de 3,8 points en seulement trois mois. Autrement dit, près de quatre actifs urbains de cette tranche d’âge sur dix sont sans emploi et en recherchent un. Ce niveau traduit la difficulté persistante du marché du travail à absorber les nouveaux entrants, notamment les jeunes qui arrivent avec des attentes professionnelles et des qualifications parfois difficiles à valoriser.

Tranche d’âgeT2 2026T3 2026Variation
15-24 ans35,439,2+3,8 pts

L’autre enseignement concerne les diplômés. Le taux de chômage des titulaires d’un diplôme intermédiaire est passé de 16,4 % à 18,5 %, tandis que celui des diplômés de niveau avancé a progressé de 16,2 % à 17,2 %. Ces évolutions interrogent la capacité de l’économie à transformer les qualifications acquises en débouchés professionnels. Le diplôme ne garantit donc pas l’accès à l’emploi, même si les données disponibles ne permettent pas, à elles seules, de mesurer l’inadéquation entre formation et besoins des entreprises.

Niveau de diplômeT2 2026T3 2026Variation
Diplôme intermédiaire16,418,5+2,1 pts
Diplôme avancé16,217,2+1,0 pt

Le vrai signal d’alarme : le découragement progresse

Le taux combiné chômage + main-d’œuvre potentielle passe de 17,3 % (T2) à 18,2 % (T3), soit +0,9 point. Cela signifie que la part des personnes au chômage ou découragées augmente.

Le découragement s’ajoute au chômage, il ne le remplace pas. Autrement dit, des personnes qui cherchaient encore un emploi au T2 ont renoncé au T3. Elles ne sont plus comptées comme chômeurs, mais comme main-d’œuvre potentielle — disponibles, mais inactives dans leur recherche.

Cet indicateur élargit le périmètre aux personnes qui souhaitent travailler mais qui ne remplissent pas l’ensemble des critères retenus pour être considérées comme chômeuses au sens strict. L’écart entre les deux mesures atteint ainsi 5,7 points au troisième trimestre : 12,5 % pour le chômage strict contre 18,2 % pour l’indicateur élargi.

Cette différence n’est pas anodine. Elle montre que la seule mesure du chômage ne permet pas de saisir toute la pression qui s’exerce sur le marché du travail. Une partie des personnes souhaitant accéder à un emploi reste en marge de l’indicateur classique, notamment lorsqu’elles ne recherchent pas activement un poste ou ne sont pas immédiatement disponibles selon les critères statistiques.

Les diplômés intermédiaires, une catégorie particulièrement exposée

La ventilation du taux combiné selon le niveau de diplôme apporte un éclairage supplémentaire. Au troisième trimestre 2026, les titulaires d’un diplôme intermédiaire affichent un taux de 25,8 %, contre 21,6 % pour les diplômés de niveau avancé et 19,7 % pour les titulaires d’un diplôme de base.

La trajectoire des diplômés intermédiaires mérite une attention particulière. Après avoir reculé de 28,1 % au premier trimestre à 23,2 % au deuxième, leur taux combiné est remonté à 25,8 % au troisième trimestre. La baisse enregistrée précédemment n’a donc pas résisté à l’évolution du marché du travail.

Chez les diplômés de niveau avancé, le taux est également reparti à la hausse, passant de 20,3 % à 21,6 % entre les deux derniers trimestres. À l’inverse, celui des titulaires d’un diplôme de base a poursuivi son recul, de 20,2 % à 19,7 %.

Ces chiffres mettent en évidence une réalité moins visible derrière les statistiques globales : la possession d’un diplôme ne met pas systématiquement à l’abri de la sous-utilisation de la main-d’œuvre. Le problème ne se résume donc pas à la quantité d’emplois créés, mais renvoie également à leur accessibilité et à l’adéquation entre les qualifications disponibles et les besoins du tissu productif.

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