
Le groupe français Rubis a publié le 2 novembre 2026 une activité trimestrielle solide, avec des volumes en hausse de 7 % et une marge brute en progression de 10 % dans sa branche Distribution d’énergies. Derrière la performance globale, la dynamique africaine — et notamment marocaine — s’affirme comme un pilier de la rentabilité du groupe, tandis que le bitume enregistre un bond spectaculaire de 82 %.
Une performance opérationnelle solide, portée par les marges
Au troisième trimestre 2026, Rubis affiche un chiffre d’affaires de 2,28 milliards d’euros, en hausse de 44 % sur un an . Un chiffre à relativiser toutefois : il reflète surtout la flambée des prix des produits pétroliers, répercutée sur les clients. Les véritables indicateurs de performance sont ailleurs.
Les volumes distribués dans l’activité Retail & Marketing atteignent 1 737 milliers de m³, soit +7 % par rapport au T3 2025. La marge brute associée progresse de 10 %, à 228 millions d’euros . Une performance qui doit beaucoup à la région Afrique : avec 787 milliers de m³ écoulés (+1 %), la zone dégage une marge brute de 84 millions d’euros, en hausse de 16 % — la plus forte progression régionale, devant les Caraïbes (+10 %) et l’Europe (+3 %) .
Le Maroc, relais de croissance discret mais décisif
Si le communiqué ne détaille pas de chiffres spécifiques au Maroc, il cite explicitement le Royaume parmi les marchés moteurs de la dynamique du groupe. Dans le segment GPL, Rubis souligne que « la forte croissance du GPL carburant, notamment en France et en Espagne, ainsi que la dynamique positive en Afrique du Sud, au Maroc et dans les Caraïbes ont compensé la baisse des volumes de vrac » .
Autrement dit, le Maroc figure parmi les marchés qui permettent à Rubis de maintenir des volumes stables dans le GPL (352 milliers de m³, 0 % de variation) malgré un contexte européen moins favorable. Une contribution d’autant plus stratégique que le GPL dégage une marge brute de 76 millions d’euros (+1 %) .
Le bitume, locomotive africaine
Le véritable moteur du trimestre reste le bitume. Les volumes bondissent de +82 % (à 203 milliers de m³) et la marge brute de +29 % (à 23 millions d’euros) . Hors Europe, la croissance des volumes atteint +15 % et celle de la marge +11 %.
En Afrique, cette performance est portée par « une demande soutenue en infrastructures sur plusieurs marchés, notamment en Afrique du Sud, où Rubis a atteint des niveaux de ventes proches des records, et au Gabon, où l’activité a continué de bénéficier d’importants projets routiers. Le Cameroun et l’Angola ont également enregistré de solides performances » .
Le Maroc, bien que non cité dans le détail du bitume, bénéficie de cette dynamique continentale : l’infrastructure routière est un secteur en plein essor dans le Royaume, et Rubis y dispose d’une présence industrielle qui lui permet de capter cette demande.
Les carburants : l’Afrique de l’Est tire les marges
Dans le segment carburants, les volumes progressent modestement (+2 %, à 1 182 milliers de m³) mais la marge brute bondit de +13 %, à 129 millions d’euros . Cette amélioration est attribuée à « une hausse de la marge unitaire des carburants », elle-même liée à « l’ajustement de la formule de prix » en Afrique de l’Est .
L’activité retail (stations-service) affiche une marge brute en hausse de +15 %, soutenue par « une forte dynamique commerciale en Haïti et au Kenya » . Le segment Commercial & Industriel progresse de +4 % en volumes, porté par les Caraïbes. Seule ombre au tableau : l’aviation, en recul de -1 % en volumes, mais avec une marge brute en hausse de +25 % .
Photosol et gouvernance : les autres chantiers
Au-delà de la distribution d’énergies, Rubis accélère dans le solaire via sa filiale Photosol. Le chiffre d’affaires de la branche atteint 29 millions d’euros au T3 (+40 %), et le portefeuille sécurisé grimpe à 1,5 GWc (+20 % sur un an) . Photosol a finalisé la cession de 49 % de son parc solaire de Creil à la Banque des Territoires, une opération qui « concrétise la création de valeur d’un actif majeur » .
Sur le plan de la gouvernance, Rubis a annoncé le 19 octobre son projet de transformation en société anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance, abandonnant le statut de commandite par actions. Cette évolution, soumise à l’approbation des actionnaires le 9 décembre 2026, vise à « renforcer le cadre de gouvernance, accroître la visibilité sur les marchés financiers et accompagner les ambitions de développement à long terme » . Une opération qui pourrait relancer l’intérêt spéculatif sur le titre, alors que Vincent Bolloré et le Groupe Industriel Marcel Dassault figurent parmi les principaux actionnaires .



