La facture énergétique bondirait de 28,4% pour atteindre 138,1 milliards de dirhams en 2026

Les comptes extérieurs du Maroc devraient subir une pression accrue en 2026, sous l’effet combiné du renchérissement des produits pétroliers, de la hausse des achats d’intrants et du maintien des importations de biens d’équipement à des niveaux élevés. Cette dynamique reflète notamment la poursuite de l’effort d’investissement, mais alourdit mécaniquement la facture des importations.
La facture énergétique bondirait de 28,4% pour atteindre 138,1 milliards de dirhams en 2026, avant de revenir à 116 milliards en 2027. Les achats de produits bruts progresseraient également fortement, de 53,4% cette année puis de 8,3% en 2027.
Autre poste sous pression : les biens d’équipement. Leurs acquisitions augmenteraient de 15,6% en 2026 puis de 8,8% en 2027, pour atteindre 250,7 milliards de dirhams. Une évolution qui traduit le maintien d’un effort d’investissement élevé, tout en accentuant les besoins d’importation.
Des exportations qui apportent un contrepoids
Face à cette poussée des importations, plusieurs secteurs exportateurs devraient continuer à jouer leur rôle d’amortisseur. Les exportations automobiles devraient notamment reprendre progressivement après leur quasi-stabilité en 2025, pour atteindre 202,2 milliards de dirhams en 2027.
Le secteur des phosphates devrait également renforcer sa contribution. Les ventes de phosphates et dérivés progresseraient de 9,7% en 2026, soutenues notamment par la hausse des cours des engrais, avant d’augmenter de 12,1% en 2027 pour atteindre 122,6 milliards de dirhams.
Le tourisme et les transferts des Marocains résidant à l’étranger devraient eux aussi soutenir les recettes extérieures. Les recettes de voyages atteindraient 160 milliards de dirhams en 2027, tandis que les transferts des MRE se consolideraient à 136,3 milliards de dirhams.
Le déficit courant se creuse avant de refluer
Malgré ces recettes, le déficit du compte courant devrait fortement se creuser à court terme. Il passerait de 2,4% du PIB en 2025 à 4,6% en 2026, avant de revenir à 3% en 2027.
Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) sont, pour leur part, projetés à un niveau annuel équivalent à 3,5% du PIB, contribuant au financement des besoins extérieurs.
Le Maroc conserverait néanmoins un matelas de réserves relativement important. Les avoirs officiels de réserve devraient atteindre 502,8 milliards de dirhams à fin 2026, puis 515,3 milliards à fin 2027, soit l’équivalent de 5,5 mois d’importations de biens et services.
L’équation extérieure marocaine reste ainsi marquée par un double mouvement : une facture d’importation qui s’alourdit sous l’effet de l’énergie et de l’investissement, mais des exportations, des recettes touristiques et des transferts des MRE qui contribuent à contenir la pression sur les réserves.



