Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Younes Bejjou, a affirmé jeudi devant la Chambre des représentants que l’accélération de la réalisation des projets, l’amélioration effective de l’accès aux soins, la qualité des prestations et la continuité des traitements constitueront les principaux défis de la prochaine étape de la réforme du système de santé.
Présentant le projet de budget sectoriel de son département pour l’année 2027 devant la Commission des secteurs sociaux, le ministre a souligné que la concrétisation de la réforme nécessite de passer de la multiplication des chantiers à la concentration des efforts sur les priorités ayant le plus fort impact, de la programmation à l’accélération de l’exécution et du suivi des moyens à la mesure des résultats obtenus.
Il a identifié sept priorités interdépendantes, fondées sur les orientations du programme gouvernemental et destinées à améliorer les performances du système de santé ainsi que la qualité des services, notamment à travers la mise à niveau de l’offre sanitaire et son adaptation aux besoins de la population.
Deux hôpitaux provinciaux transformés en CHU
Dans ce cadre, le ministre a annoncé la transformation des centres hospitaliers provinciaux de Settat et de Kénitra en centres hospitaliers universitaires (CHU). Cette évolution vise à rapprocher les soins de troisième niveau des populations des deux provinces, tout en mettant à disposition des espaces de formation clinique et de stages hospitaliers pour les étudiants des deux facultés de médecine qui y ont été créées.
Un nouveau CHU sera également construit à Casablanca, avec une capacité d’accueil importante, afin de répondre aux besoins de la population de la région et à la pression démographique.
Le ministre a insisté sur le fait que la réussite des investissements dans le secteur sanitaire ne sera pas uniquement évaluée à travers la réalisation des infrastructures, mais surtout selon leur capacité à entrer effectivement en service, avec les ressources humaines, les médicaments, les équipements et les spécialités nécessaires pour assurer la continuité et la qualité des soins.
Le département prévoit également la mise en place d’un système de maintenance préventive et anticipative, fondé sur le suivi régulier de l’état technique des infrastructures et des équipements médicaux, leur niveau de disponibilité, leur taux d’exploitation et les délais de réparation.
Les compétences médicales au cœur de la réforme
Le ministre a également placé l’investissement dans les professionnels de santé au centre de la réforme. Les efforts porteront sur l’amélioration des conditions d’exercice, le renforcement de l’attractivité du secteur, la motivation du personnel, le développement des compétences et des parcours professionnels, ainsi qu’une répartition plus équilibrée des ressources humaines entre les régions et les établissements.
En cas de besoin, le ministère prévoit de mobiliser les compétences marocaines établies à l’étranger et de recourir, de manière encadrée, aux compétences étrangères dans les spécialités confrontées à des pénuries. Cette démarche est présentée comme un mécanisme complémentaire au renforcement du capital humain national.
Le dialogue social, aux niveaux national et territorial, continuera également de servir de cadre au suivi des engagements convenus et à la concertation sur l’amélioration des conditions de travail.
Réduction des délais d’attente et renforcement des urgences
La simplification du parcours du patient au sein des établissements de santé constitue un autre axe prioritaire. Le ministère entend réduire les délais d’attente et améliorer les services d’urgence et d’assistance médicale urgente.
Les mesures annoncées comprennent la généralisation et l’amélioration des services d’accueil et d’orientation, la mise en place de systèmes locaux et régionaux de rendez-vous médicaux, ainsi qu’une gestion régionale intégrée des lits hospitaliers.
Le dispositif d’assistance médicale urgente associé au numéro national unifié 141 fera également l’objet d’un élargissement progressif.
Par ailleurs, le ministre a annoncé la contribution de son département à la révision de la tarification nationale de référence pour le remboursement des frais de soins, dans le cadre des compétences de la Haute Autorité de santé et en tenant compte de la soutenabilité des régimes de couverture médicale.
Il a souligné que la valeur de l’assurance maladie reste limitée si le coût des soins continue de constituer un obstacle à leur accès ou une raison de les reporter.
45,36 milliards de DH et 8.000 postes financiers
Sur le plan budgétaire, le projet de budget sectoriel du ministère de la Santé pour 2027 prévoit une enveloppe globale d’environ 45,36 milliards de dirhams, en hausse de près de 3 milliards de dirhams par rapport à 2026, soit une progression de 7,08 %.
Les crédits de paiement consacrés à l’investissement s’élèvent à environ 14,5 milliards de dirhams, tandis que les crédits d’engagement atteignent près de 16,1 milliards de dirhams. Ces dotations doivent permettre de poursuivre le financement des projets structurants et d’assurer la continuité de leur réalisation.
Le projet prévoit également :
- 2 milliards de dirhams pour le compte spécial de la Pharmacie centrale ;
- 8.000 nouveaux postes financiers pour répondre aux besoins en ressources humaines du système de santé.
Le ministre a enfin annoncé que le budget proposé serait renforcé par des crédits supplémentaires, dont le montant sera communiqué après l’achèvement des audits techniques en cours.
Les objectifs à l’horizon 2031
Le ministre a rappelé que le programme gouvernemental fixe plusieurs objectifs à atteindre à l’horizon 2031, notamment l’achèvement de la couverture sanitaire universelle et effective, l’augmentation à 50 % de la part des établissements publics de santé dans les dépenses de l’assurance maladie obligatoire de base, ainsi que l’atteinte d’un ratio de 35 professionnels de santé pour 10.000 habitants. map
Contexte et priorités de la réforme
- Transformation en CHU des centres hospitaliers provinciaux de Settat et Kénitra → rapprocher les soins de troisième niveau des populations + espaces de formation clinique et de stages pour les étudiants des facultés de médecine créées sur place
- Nouveau CHU à Casablanca : capacité d’accueil importante, pour répondre aux besoins régionaux et à la pression démographique
Mobilisation des compétences marocaines à l’étranger et recours encadré aux compétences étrangères dans les spécialités en pénurie (mécanisme complémentaire au capital humain national)
Tarification nationale de référence : contribution du ministère à sa révision pour le remboursement des soins, dans le cadre des compétences de la Haute Autorité de santé, en tenant compte de la soutenabilité des régimes de couverture médicale
50 % de part des établissements publics de santé dans les dépenses de l’assurance maladie obligatoire de base à l’horizon 2031

