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Maroc: Le crédit bancaire change de hiérarchie

Les crédits à l’équipement détrônent l’immobilier pour la première fois

Les crédits à l’équipement s’imposent désormais comme le premier poste du portefeuille bancaire au Maroc. À fin mai 2026, leur encours atteint 329,9 milliards de dirhams, contre 325,8 milliards pour les crédits immobiliers. Une première qui marque un tournant dans la structure du financement bancaire.

Longtemps dominante, la composante immobilière cède ainsi sa place aux financements destinés à l’investissement productif. Entre fin mai 2019 et fin mai 2026, les crédits à l’équipement ont bondi de 87,8 %, contre une progression limitée à 19,2 % pour les crédits immobiliers. Leur part dans l’encours total des crédits bancaires est passée de 20,2 % à 26,2 %, tandis que celle des crédits immobiliers a reculé de 31,4 % à 25,9 %.

Ce basculement traduit une réorientation du crédit bancaire vers le financement des entreprises, des projets industriels et des infrastructures, au détriment de l’immobilier, dont la croissance, bien que positive, s’est révélée nettement moins dynamique que celle de l’ensemble des crédits.

RangCatégorieEncours (Mds DH)Part
1Crédits à l’équipement329,926,2 %
2Crédits immobiliers325,825,9 %
3Comptes débiteurs et crédits de trésorerie252,120,0 %
4Créances diverses sur la clientèle183,014,5 %
5Créances en souffrance106,08,4 %
6Crédits à la consommation62,34,9 %

Les crédits de trésorerie reviennent à leur niveau relatif d’avant-crise

Après avoir culminé à 24,3 % du portefeuille en 2022, les crédits de trésorerie reviennent à 20,0 % en 2026, un niveau proche de celui observé en 2019. Cela suggère que les besoins exceptionnels de liquidité des entreprises, liés à la période post-Covid, se sont progressivement normalisés.

Le crédit à la consommation perd progressivement du poids

Malgré une hausse de son encours à 62,3 milliards de DH, le crédit à la consommation ne représente plus que 4,9 % du portefeuille bancaire, contre 6,4 % en 2019.

Créances en souffrance : les impayés bancaires dépassent les 100 milliards de DH

Les créances en souffrance poursuivent leur progression dans le portefeuille des banques marocaines. À fin mai 2026, leur encours atteint 106 milliards de dirhams, en hausse de 4,9 % sur un an et de 56,6 % par rapport à mai 2019, où il s’établissait à 67,7 milliards de DH.

En sept ans, le volume des créances douteuses s’est ainsi alourdi de 38,3 milliards de DH, franchissant pour la première fois le seuil symbolique des 100 milliards de dirhams.

Rapportées à l’encours total du crédit bancaire, les créances en souffrance représentent 8,4 % des financements accordés à la clientèle, contre 7,8 % en 2019. Après un pic de 8,9 % en 2022, leur poids relatif s’est légèrement replié, sous l’effet d’une croissance plus soutenue de l’encours global des crédits.

Cette évolution montre que, malgré le dynamisme retrouvé du financement bancaire, les établissements de crédit restent confrontés à un niveau élevé d’impayés. Si la qualité du portefeuille s’est stabilisée ces dernières années, le stock de créances en souffrance demeure important et continue de constituer un enjeu majeur en matière de gestion du risque, de provisionnement et de solidité financière du secteur bancaire.

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