
Bien que les forces armées africaines ne puissent rivaliser avec les géants militaires mondiaux, le continent maintient discrètement une présence notable dans la puissance navale stratégique, notamment grâce aux sous-marins, qui représentent un outil crucial pour la sécurité maritime, la dissuasion et le contrôle des voies maritimes vitales.
Selon les données de Global Firepower, l’Égypte domine le continent avec une flotte de huit sous-marins, la plus importante en Afrique. À l’échelle mondiale, l’Égypte est passée de la 14ᵉ à la 13ᵉ place, une évolution liée probablement à des mouvements internationaux et non à une augmentation de sa flotte.
Classement des pays africains selon le nombre de sous-marins :
1. Égypte – 8 sous-marins
L’Égypte exploite une flotte diversifiée et technologiquement avancée, composée de quatre sous-marins allemands modernes de type Type 209/1400 et de quatre anciens sous-marins chinois de classe Romeo, largement modernisés selon des technologies occidentales.
Les mises à jour incluent :
- systèmes de surveillance optique occidentaux,
- GPS avancé,
- sonar passif,
- systèmes de contrôle de tir améliorés,
- capacité de lancer des missiles anti-navires Harpoon américains.
La flotte est utilisée pour les missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), les opérations de déni maritime et les attaques navales, tout en renforçant la sécurité autour du canal de Suez et des points de passage stratégiques en mer Rouge et en Méditerranée.
Le terme « opérations de déni maritime » (Sea-denial operations) désigne la capacité de bloquer l’accès d’un ennemi à une zone maritime sans nécessairement la contrôler totalement.
2. Algérie – 6 sous-marins
L’Algérie se classe 16ᵉ au niveau mondial avec six sous-marins, utilisant des sous-marins russes de classe Kilo, dont :
- quatre nouveaux sous-marins du projet 636 Varshavyanka (Kilo amélioré),
- deux anciens sous-marins Kilo 877EKM, modernisés entre 2005 et 2010.
Armés de torpilles, mines et missiles balistiques Kalibr, ces sous-marins soutiennent la stratégie algérienne de dissuasion, de déni maritime et de protection des installations énergétiques en Méditerranée occidentale.
3. Afrique du Sud – 3 sous-marins
L’Afrique du Sud dispose d’une petite flotte mais techniquement avancée, composée de sous-marins Heroine-class (Type 209/1400) allemands, électriques et diesel, entrés en service entre 2005 et 2008 : SAS Mantatisi, SAS Charlotte Maxeke et SAS Queen Modjadji I.
Ils sont utilisés pour :
- patrouilles maritimes,
- lutte anti-sous-marine,
- missions de renseignement et de surveillance,
avec un accent sur les routes maritimes stratégiques autour du Cap de Bonne-Espérance. Malgré des contraintes financières et de maintenance, ces sous-marins restent un élément clé de l’expertise sud-africaine en guerre sous-marine.
Perspective mondiale
Au niveau mondial, la Russie et les États-Unis possèdent le plus grand nombre de sous-marins, 66 chacun, suivis de la Chine avec 61 sous-marins, selon Global Firepower.
Ces chiffres soulignent le rôle croissant de la puissance navale dans la sécurité régionale, et montrent que certains pays africains s’efforcent de maintenir une présence stratégique dans leurs eaux territoriales grâce au développement de capacités sous-marines.Albayan



