
Dans un commentaire de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, publié sur le site du ministère, il est indiqué que le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental a pris fin le 31 octobre.
Elle a affirmé que, bien qu’un consensus sur une solution définitive à la question du Sahara occidental ne soit pas encore mûr, « les États-Unis, cherchant à accélérer artificiellement le règlement, ont commencé avant la date susmentionnée à insister pour réduire drastiquement les prérogatives de la Mission, et ce malgré l’accord des parties directement concernées, y compris le Maroc et l’Algérie, sur l’importance de donner aux habitants de la région la possibilité de décider de leur destin ».
Elle a également souligné que la Russie n’aurait pas approuvé la volonté de priver les habitants du Sahara occidental de leur droit de vote, mais que les Américains se sont opposés à la prorogation du mandat précédent, ce qui menace de dissoudre la Mission.
Elle a exprimé le regret de la Russie quant à l’annulation de la base sur laquelle reposait la présence de l’ONU au Sahara occidental, ainsi que son espoir « de parvenir à un règlement politique permettant de trouver la voie optimale pour les habitants du Sahara occidental. Nous sommes en contact étroit sur cette question avec nos partenaires algériens, marocains et autres ». RT
La désignation du bouc émissaire : les États-Unis
La critique est frontale et univoque. Les États-Unis sont accusés de :
Précipitation artificielle : « cherchant à accélérer artificiellement le règlement ».
Unilatéralisme : ils ont insisté pour réduire les prérogatives de la mission malgré l’accord des parties concernées (Maroc, Algérie).
Blocage : ce sont eux qui ont empêché la prorogation du mandat précédent.
Cette rhétorique est classique dans la diplomatie russe : présenter Washington comme l’instigateur d’un chaos ou d’une décision unilatérale, tandis que Moscou se pose en défenseur du multilatéralisme et du consensus.
La défense du droit à l’autodétermination mais avec des nuances
Zakharova affirme que la Russie n’aurait pas soutenu la privation du droit de vote des Sahraouis. Cependant, elle ne mentionne pas explicitement le référendum comme seule solution. Elle parle de « trouver la voie optimale » et de « règlement politique ». C’est une formulation diplomatique qui laisse la porte ouverte à d’autres options (comme l’autonomie), tout en gardant une posture pro-sahraouie de façade.
Cette prudence suggère que Moscou ne veut pas s’engager fermement sur un processus qui pourrait contrarier le Maroc. La Russie semble vouloir le beurre (le soutien de l’Algérie et du Polisario) et l’argent du beurre (les relations avec le Maroc).
La Russie affirme être en contact étroit avec « nos partenaires algériens, marocains et autres ». Cela montre que Moscou cherche à maintenir une relation équilibrée avec les deux rivaux régionaux. En ne prenant pas parti explicitement pour l’un ou l’autre dans la solution finale, la Russie préserve ses intérêts stratégiques (ventes d’armes à l’Algérie, coopération économique avec le Maroc).
Enfin, Moscou utilise la fin de la MINURSO comme une tribune pour critiquer Washington, tout en s’abritant derrière une rhétorique prudente sur l’autodétermination. C’est une posture diplomatique habile, mais qui ne résiste pas à l’examen des faits : la Russie a contribué au blocage qu’elle déplore aujourd’hui.



