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Santé: Boubrik appelle à la régulation du marché

Hassan Boubrik, Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), a confirmé que la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) au Maroc, qui a bénéficié à environ 25 millions de personnes en 2025, soulève des défis majeurs liés à la pérennité du financement du système de santé, à la maîtrise des dépenses et à la garantie de la qualité des prestations. Il a averti que l’élargissement de la couverture médicale ne suffit pas, à lui seul, à garantir un accès effectif aux soins s’il ne s’accompagne pas d’une organisation efficace de l’offre de soins et d’une synergie renforcée entre les secteurs public et privé.

S’exprimant lors de l’ouverture du colloque international sur « La politique de santé au Maroc : concurrence, régulation et gouvernance à l’ère de la couverture sanitaire universelle », organisé par le Conseil de la Concurrence ce mercredi à Marrakech, Boubrik a déclaré que la généralisation de l’AMO constitue un tournant majeur dans le parcours de la protection sociale au Maroc, grâce à l’extension du bassin des bénéficiaires et à la simplification des procédures d’accès, notamment par la réduction des entraves administratives et le recours à la digitalisation.

Le responsable a expliqué que cette extension a permis d’intégrer de larges franges de la population au sein du système d’assurance maladie, estimant que le niveau des cotisations imposées aux assurés ne doit pas constituer un obstacle à leur adhésion au régime ni à la jouissance de leurs droits connexes.

Il a toutefois souligné que cette avancée impose d’entrer dans une nouvelle phase axée sur la viabilité du système, face à la hausse de la consommation de services et de produits de santé par rapport aux années précédentes, ce qui engendre une pression accrue sur les ressources financières disponibles.

Dans ce contexte, Boubrik a appelé à la recherche de ressources complémentaires pour faire face à la demande croissante de soins, tout en œuvrant à une meilleure gestion des dépenses de santé et en garantissant la continuité du financement du système, afin de concilier l’élargissement de la couverture et la capacité du système à répondre aux besoins des citoyens.

Le secteur public, condition de pérennité de la couverture médicale

Le Directeur Général de la CNSS a affirmé que l’atteinte des objectifs de la couverture sanitaire universelle ne peut se faire sans un secteur public de santé fort et performant, soulignant l’importance de la complémentarité entre le public et le privé pour la fourniture des prestations médicales et la prise en charge de la demande croissante de soins.

Il a estimé que le déséquilibre entre la contribution du secteur public et celle du secteur privé nécessite de repenser l’organisation de l’offre de soins et la répartition des ressources, afin d’éviter de faire porter des charges financières supplémentaires aux citoyens et de permettre au système de santé de tirer parti des capacités de l’ensemble des intervenants.

Il a également mis l’accent sur la nécessité d’optimiser la gestion des dépenses liées aux médicaments et aux prestations médicales, à travers un diagnostic des pratiques en vigueur dans le secteur pharmaceutique, l’accélération de l’adoption de protocoles thérapeutiques basés sur des preuves scientifiques, et un suivi renforcé des patients atteints de maladies chroniques, permettant ainsi de rationaliser les dépenses et d’améliorer la qualité de la prise en charge.

Boubrik a par ailleurs souligné l’importance d’élargir l’éventail des actes et prestations couverte par l’assurance, estimant que le défi réside dans l’utilisation des ressources disponibles de manière à étendre le cercle des bénéficiaires et à optimiser le rendement du financement de la santé.

Boubrik appelle à la régulation du marché du médicament et à l’accès à l’innovation

S’agissant de la régulation du secteur, Boubrik a rappelé que la santé n’est pas un marché ordinaire, la demande en soins étant tributaire des prescriptions médicales et guidée par des principes de solidarité et de protection sociale, ce qui exige des règles de régulation adaptées aux spécificités du secteur.

Il a souligné que l’innovation dans le domaine médical et pharmaceutique ne suffit pas à elle seule à améliorer les services si elle ne s’accompagne pas d’un accès équitable aux médicaments innovants et aux technologies médicales modernes, sans discrimination entre les citoyens, tout en maintenant un équilibre entre le coût de ces produits et la capacité financière du système.

Il a de même appelé à renforcer la transparence dans l’évaluation des médicaments et la fixation de leurs conditions d’accès, ainsi qu’à améliorer la coordination entre les instances sanitaires et les autorités de régulation. Il a averti que les retards dans l’évaluation des médicaments ou dans la prise de décision peuvent impacter directement l’accès des patients aux traitements dont ils ont besoin.

Le responsable a précisé que la simple existence de lois et de cadres réglementaires ne suffit pas si elle ne s’accompagne pas de mécanismes efficaces d’exécution, d’évaluation et de détection des pratiques anticoncurrentielles ou préjudiciables à la qualité des services.

Dans ce cadre, il a insisté sur la nécessité de mobiliser les ressources humaines, techniques et économiques indispensables à l’application des règles régissant le secteur de la santé, tout en garantissant la réactivité des autorités sanitaires et la fluidité de la coordination entre les différents acteurs.

Justice spatiale et protection des données personnelles

Boubrik a relevé que l’amélioration des performances du système de santé est indissociable d’une répartition équitable des compétences médicales et des infrastructures de soins à travers les différentes régions, afin de réduire les disparités territoriales et de garantir aux citoyens des soins de qualité, quel que soit leur lieu de résidence.

Il a enfin insisté sur l’importance d’améliorer la qualité des prescriptions médicales et de protéger les données personnelles des patients, dans un contexte de mutation du secteur de la santé marqué par un recours croissant aux systèmes numériques pour la gestion des soins et des dossiers médicaux.

En conclusion, le Directeur Général de la CNSS a réaffirmé que la prochaine étape nécessite de conjuguer l’extension de la couverture sanitaire et la pérennité de son financement, en accordant une attention particulière à la qualité des services, à leur coût et à l’efficacité de la régulation, afin de préserver les acquis et de garantir la capacité du système à répondre durablement aux besoins des citoyens, a rapporté .al3omk.

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