
Dernier trimestre 2026 : le secteur bancaire coté à la BRVM entre dans une nouvelle phase. Entre les valeurs historiques à fort rendement et les nouveaux entrants à potentiel de croissance, les investisseurs doivent désormais arbitrer entre plusieurs profils de risque et de performance.
Parmi les confrontations les plus attendues figure celle entre BOA Côte d’Ivoire (BOA CI) et Bridge Bank Group Côte d’Ivoire (BBCI).
D’un côté, BOA CI, valeur historique de la BRVM, cotée autour de 11 490 FCFA, qui s’appuie sur une longue trajectoire de rentabilité et de distribution de dividendes.
De l’autre, Bridge Bank Group CI, nouvel entrant coté depuis le 24 septembre 2026, introduit au prix de 7 255 FCFA, qui arrive avec un profil davantage orienté croissance.
Au-delà du prix de l’action, la confrontation porte surtout sur la qualité de la rentabilité, la solidité financière, la valorisation et la capacité à générer durablement du rendement pour l’actionnaire.
BOA Côte d’Ivoire : une rentabilité soutenue par le coût du risque
Les résultats du premier semestre 2026 donnent, à première vue, une image favorable de BOA Côte d’Ivoire.
Le résultat net atteint 19,8 milliards de FCFA, en hausse de 8% sur un an.
La solidité historique de la banque est également reflétée par son indice de solidité BIG IBS, évalué à 82/100.
Mais derrière cette progression du résultat net se cache une dynamique opérationnelle beaucoup moins spectaculaire.
Le Produit net bancaire (PNB) ne progresse que de 1,5%, tandis que le Résultat brut d’exploitation recule de 4,19%.
Autrement dit, la croissance du bénéfice ne provient pas d’une accélération de l’activité bancaire.
Le coût du risque change la lecture des résultats
L’un des principaux moteurs de l’amélioration du résultat est la spectaculaire baisse du coût du risque.
Celui-ci chute de 91,4%, passant de 3,06 milliards de FCFA à seulement 263 millions de FCFA.
Cette évolution apporte un soutien considérable au résultat net. Elle constitue toutefois un élément à distinguer de la performance commerciale récurrente de la banque.
La question pour l’investisseur devient donc celle de la durabilité : BOA CI peut-elle maintenir cette rentabilité si l’amélioration du coût du risque ne se reproduit pas avec la même intensité ?
Le contraste est ainsi assez net entre un bénéfice en hausse et une activité opérationnelle qui demeure beaucoup plus modérée.
Une valorisation déjà exigeante ?
Cette configuration se reflète dans le score BIG BFV (Juste Prix), évalué à 62/100.
Selon cette grille, le titre se situe désormais autour de son niveau de juste prix historique à court terme.
Le potentiel de revalorisation apparaît donc moins évident que celui que pourrait laisser penser la progression du résultat net.
Mais BOA CI dispose d’un autre argument de poids : le rendement offert à l’actionnaire.
Son score BIG ROC (Retour sur Capitaux) atteint 92/100.
Avec un dividende net de 594,5 FCFA par action, le rendement ressort à 5,17% sur la base d’un cours de 11 490 FCFA.
Deux profils face à face
Le duel BOA CI-BBCI oppose ainsi deux philosophies d’investissement.
BOA CI présente un profil davantage axé sur la solidité, la rentabilité et le rendement, avec un dividende qui constitue un élément central de son attractivité.
Mais sa progression bénéficiaire du premier semestre doit être analysée avec prudence : la forte baisse du coût du risque explique une partie importante de l’amélioration du résultat, tandis que la dynamique du PNB reste limitée.
BBCI, de son côté, arrive sur la cote avec une histoire boursière beaucoup plus courte. Son introduction au prix de 7 255 FCFA le 24 septembre 2026 en fait le nouveau challenger à comparer aux valeurs bancaires établies.
Le véritable enjeu de ce duel sera donc de déterminer si l’investisseur doit privilégier le rendement déjà établi de BOA CI ou le potentiel de croissance associé au nouvel entrant.
Dans un secteur bancaire ouest-africain en pleine recomposition, le dernier trimestre 2026 pourrait ainsi constituer un véritable test pour les valeurs financières cotées à la BRVM.
Kobina opienou ebenezer rehoboth
Analyste financier
2 j • Modifié



