
JPMorgan lance un nouvel indice obligataire : l’Afrique pèsera 44,5 %
JPMorgan lancera d’ici fin septembre un nouvel indice de référence dédié aux obligations souveraines des marchés frontières libellées en monnaies locales. Baptisé GBI-EM Edge, il suivra environ 328 milliards de dollars d’obligations, réparties sur 425 titres, 26 pays et 24 devises.
L’Afrique représentera environ 44,5 % de l’indice, contre 31,5 % pour l’Asie, ce qui lui confère le poids régional le plus important dès le lancement.
Le Maroc au poids maximal
Le Maroc et l’Égypte bénéficieront chacun du poids maximal de 8 % dans l’indice. Le Nigeria représentera 7,4 %, le Kenya 6,91 %, la Tunisie 5,32 % et l’Ouganda 4,84 %.
D’autres marchés africains seront également représentés, notamment la Côte d’Ivoire, l’Angola, la Zambie et le Ghana.
Pour être éligible, chaque obligation devra présenter un encours d’au moins 250 millions de dollars et une maturité résiduelle supérieure à 2,5 ans. Le poids de chaque pays sera plafonné à 8 %.
Un rendement moyen de 10,4 %
Le nouvel indice affichera un rendement moyen d’environ 10,4 %, soit près de 4,4 points de pourcentage de plus que le principal indice JPMorgan consacré aux obligations souveraines des marchés émergents en monnaies locales.
Le Nigeria illustre l’attrait potentiel de ces marchés : ses 16 obligations éligibles représentent 17,47 milliards de dollars, avec un rendement moyen de 17,1 % et une notation souveraine de B-.
Son inclusion marque par ailleurs le retour du Nigeria dans un indice JPMorgan consacré aux obligations en monnaie locale, plus de dix ans après son retrait de l’indice phare des marchés émergents en 2015. Le nouveau GBI-EM Edge reste toutefois distinct de cet indice.
Un nouvel outil pour les investisseurs internationaux
L’objectif du GBI-EM Edge est de fournir aux gestionnaires d’actifs un référentiel commun pour comparer les rendements des marchés obligataires locaux, en intégrant les risques liés aux devises, à la liquidité et à la solvabilité des États.
L’enjeu est particulièrement important pour les économies frontières. Elles représentent environ 20 % de la population mondiale, mais seulement 3,1 % des flux mondiaux de capitaux.
L’inclusion dans un indice ne garantit toutefois pas automatiquement une arrivée massive de capitaux étrangers. Elle peut néanmoins influencer les décisions des gestionnaires actifs et les allocations des fonds utilisant des indices de référence.
Pour les États africains, le développement des marchés obligataires en monnaie locale peut également contribuer à réduire leur dépendance aux émissions internationales en devises. En revanche, cette stratégie exige des marchés suffisamment liquides, des règles d’accès fiables pour les investisseurs étrangers et une politique budgétaire et monétaire crédible.
Le cas du Maroc sera particulièrement suivi : avec 8 % de pondération, le Royaume figurera dès le lancement parmi les principales expositions nationales du nouvel indice JPMorgan. Daba Finance



