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Jouahri annule son point presse : le silence soulève des questions d’indépendance!

Bank Al-Maghrib annonce aujourd’hui l’annulation de son habituel point de presse du wali Abdellatif Jouahri, prévu initialement ce mardi 22 septembre 2026, en invoquant la « neutralité institutionnelle » et le  »respect des principes démocratiques’‘.

Une décision qui intervient à la veille des élections législatives et qui, précisément pour cette raison, aurait mérité une communication officielle, claire et accessible sur le site de la banque centrale.

Or, l’annonce n’a pas fait l’objet d’un véritable communiqué institutionnel publié par Bank Al-Maghrib. Elle a simplement été relayée par quelques supports médiatiques triés sur le volet..

Car une question demeure : si la décision relève d’un principe institutionnel, pourquoi ne pas l’assumer dans un communiqué officiel de BAM, accessible à tous, au même titre que les autres informations concernant la politique monétaire ?

Une décision présentée comme une précaution institutionnelle pour éviter que la communication de la banque centrale ne soit interprétée comme une intervention dans le contexte électoral.

Cette situation pose une question de fond : une institution indépendante doit-elle adapter sa communication publique au calendrier politique ?

La question est d’autant plus importante que l’indépendance d’une banque centrale ne se résume pas à son autonomie dans la fixation de la politique monétaire. Elle implique également une responsabilité de transparence, particulièrement lorsque ses décisions ont des conséquences directes sur les ménages, les entreprises, les banques et les investisseurs.

Le paradoxe est donc là : pour protéger sa neutralité, BAM réduit exceptionnellement la visibilité de sa parole publique au moment même où les marchés et les acteurs économiques attendent des explications.

Mais la décision ouvre légitimement un débat sur les frontières entre neutralité électorale, autonomie institutionnelle et obligation de rendre compte.

Car une véritable indépendance ne devrait-elle pas aussi signifier qu’une banque centrale puisse parler de politique monétaire quel que soit le calendrier politique, à condition de rester strictement dans son mandat ?

À la veille des législatives, le silence exceptionnel de BAM pose ainsi une question qui dépasse largement ce scrutin : l’indépendance d’une banque centrale se mesure-t-elle uniquement à ses décisions, ou également à sa liberté de les expliquer publiquement ?

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