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L’élection n’est pas une fête!

À épreuve de chaque vague d’élection au Maroc , un spectacle familier se répète : des cortèges de célébration, des poignées de mains enthousiastes et une ivresse victorieuse qui gagne les équipes de campagne. Pourtant, cette euphorie traduit un malentendu fondamental sur la nature même du mandat public. Reporter une élection n’est ni une victoire personnelle, ni le franchissement de la ligne d’arrivée d’une compétition de loisir. C’est l’acceptation d’un fardeau. : le pouvoir comme devoir, non comme trophée..

L’illusion du trophée politique

Pour trop d’acteurs politiques, la conquête du pouvoir est devenue une fin en soi. On célèbre le triomphe des urnes comme on fêterait un succès sportif ou une promotion personnelle. Cette vision dévoyée transforme l’élection en une opportunité d’enrichissement, d’ascension sociale ou d’exercice d’un prestige personnel.

Ce glissement éthique est la source première de la crise de confiance entre les citoyens et leurs représentants. Lorsque l’élu considère son mandat comme un privilège acquis plutôt que comme un contrat de service, la gestion des affaires publiques bascule inévitablement dans la complaisance, le favoritisme et le désengagement.

La réalité du mandat : un sacerdoce sous contrainte

Ceux qui exultent au soir des résultats mesurent-ils réellement le poids de la charge qui leur est confiée ?

La responsabilité devant les vulnérabilités sociales : Gérer une collectivité ou un État signifie répondre aux urgences concrètes des populations — de l’accès à l’eau potable à la stabilité du réseau électrique, en passant par la lutte contre l’inflation et le chômage des jeunes.

L’exigence de la redevabilité : Un mandat exécutif ou législatif impose de rendre des comptes sur chaque centime du budget public. La gestion des deniers de l’État exige une probité irréprochable, bien éloignée des tentations d’enrichissement personnel.

La gestion des crises imprévues : Exercer le pouvoir, c’est affronter des arbitrages budgétaires complexes, des ruptures d’infrastructures ou des tensions économiques mondiales. Le pouvoir est une permanente gestion du risque, rarement synonyme de confort.

    Réinventer l’éthique de l’engagement

    L’enthousiasme en politique n’est légitime que s’il est tourné vers l’action et le service collectif, non vers la possession du pouvoir. Les vainqueurs d’aujourd’hui doivent échanger leur triomphalisme contre une posture d’humilité et de gravité.

    Le jour de l’élection ne marque pas la fin d’un effort, mais le début d’une obligation de résultats. Il est temps d’abandonner l’illusion d’une politique-spectacle pour réaffirmer un principe cardinal : le mandat public est une charge lourde et exigeante, dont le seul bénéficiaire légitime doit être le citoyen.

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