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Viandes brésiliennes: Tandis que l’UE ferme ses frontières, le Maroc continue son sourcing

Alors que l’Union européenne vient de frapper d’embargo une partie des importations carnées et agroalimentaires en provenance du Brésil pour non-conformité sanitaire, les acteurs marocains renforcent leurs liens directs avec Brasilia. Une divergence d’approche qui soulève des enjeux cruciaux d’approvisionnement et de contrôle de traçabilité pour le Royaume.

Bruxelles tape du poing sur la table.

Il s’agit d’une mesure qui freinera les importations de viande bovine, de volaille, de viande chevaline, de produits de l’aquaculture, de miel et de boyaux, des articles qui ont représenté près de 180 millions d’euros en 2025.

Néanmoins, dans le cas de la viande de volaille et du miel, une équipe européenne a débuté fin août un audit, qui s’achèvera le 4 septembre prochain, afin de vérifier si les producteurs brésiliens respectent les normes européennes sur l’utilisation d’antibiotiques.

Le reste des produits ne sera pas analysé car, soit le Brésil ne peut pas fournir les garanties requises sur l’ensemble du cycle de vie au moment de l’audit (par exemple pour la viande bovine et les œufs), soit les exportations vers l’Union ne sont pas autorisées de facto (comme c’est le cas pour les produits de l’aquaculture).

Le secrétaire général de l’Association nationale des industries de la viande d’Espagne (Anice), Giuseppe Aloisio, a indiqué à Efe Agro que cette mesure est la preuve que le principe de réciprocité « s’applique », signifiant que tout pays souhaitant exporter vers l’Union européenne sait qu’elle constitue « la Ligue des champions » de la sécurité alimentaire.

L’organisation agricole Asaja a salué dans un communiqué cette suspension qu’elle qualifie d’« avancée » dans une revendication « historique » du secteur : les produits importés doivent respecter les mêmes exigences de sécurité alimentaire, de traçabilité et de bien-être animal que celles imposées aux éleveurs européens.

Elle a réclamé l’« application stricte et sans prolongation » de la suspension ainsi que le renforcement des contrôles aux frontières, car « la crédibilité du système européen de sécurité alimentaire dépend de l’application des mêmes règles pour tous ».

L’organisation d’agriculteurs et d’éleveurs a également rappelé que les éleveurs bovins espagnols attendent par ailleurs la réouverture des voies d’exportation vers le Maroc, leur principal marché extérieur, fermées en 2026, ce qui provoque des tensions entre l’offre et la demande ainsi qu’une chute des cours de la viande en Espagne.

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