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McKinsey : le Maroc grand bénéficiaire de la réorientation des flux de voyages

Alors que le conflit au Moyen-Orient bouscule les flux mondiaux et fait chuter les recettes du Golfe, Agadir et Tanger affichent des hausses d’occupation hôtelière à deux chiffres.

L’instabilité géopolitique au Moyen-Orient redessine en profondeur la carte du tourisme mondial. Selon une récente étude du cabinet McKinsey (« How conflict in the Gulf is remapping global travel »), la recherche de sécurité et la réorientation des flux aériens profitent directement au bassin méditerranéen occidental, place financière et touristique au sein de laquelle le Maroc tire pleinement son épingle du jeu.

Tanger et Agadir au cœur du report de clientèle

Alors que les principaux hubs du Golfe enregistrent un recul de 5,1 millions de passagers internationaux en correspondance (-53 % entre mars et avril 2026 par rapport à 2025), les voyageurs européens et américains privilégient la proximité et la stabilité.

Dans cette dynamique de report géographique, le Royaume figure parmi les destinations les plus attractives :

  • Tanger : Le taux d’occupation hôtelière y bondit de +9,9 points de pourcentage sur la période mars-avril.
  • Agadir : La station balnéaire enregistre une progression de +7,5 points, rivalisant directement avec les performances des destinations du sud de l’Europe comme Alicante (+8 points) ou Marbella (+7,1 points).

Une demande résiliente mais prudente

Parmi les éléments analysés figure un sondage réalisé auprès de 1 050 personnes âgées de 18 à 64 ans en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Selon McKinsey, l’instabilité géopolitique incite les voyageurs à réévaluer leurs destinations et leurs trajets, déplaçant ainsi une partie de la demande vers des marchés alternatifs et plus proches de leurs régions d’origine.

Le cabinet d’analyse estime que la demande de voyages reste résiliente malgré l’incertitude géopolitique, mais note une plus grande prudence chez les consommateurs : ceux-ci privilégient la flexibilité et ont tendance à différer leurs réservations jusqu’à obtenir une meilleure visibilité sur les prix, les itinéraires et les conditions de sécurité.

Dans une enquête menée auprès de consommateurs italiens, 74 % ont affirmé avoir l’intention de voyager durant l’été 2026, bien que 63 % n’eussent pas encore finalisé leurs réservations à la date de l’étude.

Plus de la moitié des personnes interrogées (56 %) ont indiqué que leurs projets avaient été affectés par la situation géopolitique. Néanmoins, seuls 3 % ont totalement annulé leurs voyages, tandis que 24 % reportaient leur décision en attendant une clarification de l’évolution du contexte international.

La sécurité gagne elle aussi en importance dans le choix des destinations : entre 60 % et 70 % des sondés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne affirment ajuster leurs projets de voyage pour les mois à venir en raison de la situation au Moyen-Orient.

Selon l’étude, la perception de la sécurité s’impose parmi les premiers critères de décision sur les marchés analysés, dépassant des facteurs traditionnellement prédominants comme le prix ou la praticité.

Un impact majeur sur l’aviation et les coûts de transport

La réorganisation des flux touristiques est particulièrement visible dans le secteur aérien. Le nombre de passagers internationaux en correspondance via les principaux hubs aéroportuaires du Moyen-Orient a chuté d’environ 5,1 millions entre mars et avril par rapport à la même période de 2025.

Cette baisse représente un effondrement d’environ 53 %, poussant les compagnies aériennes et les passagers à se tourner davantage vers des routes alternatives et des liaisons directes, indique McKinsey.

Le cabinet souligne que la connectivité aérienne pourrait devenir encore plus déterminante pour la compétitivité des destinations, citant la présence de vols directs comme l’un des facteurs les plus influents pour attirer les touristes internationaux de loisirs.

L’instabilité géopolitique exerce également une pression sur les coûts opérationnels des transporteurs aériens, sous l’effet des restrictions d’espace aérien et de la hausse des prix du carburant.

Dans un scénario illustratif analysé par McKinsey, les coûts d’un vol entre Londres et Mumbai pourraient augmenter jusqu’à 63 %, tandis que le prix des billets pourrait grimper de 13 % à 44 % si cette hausse venait à être répercutée sur les passagers.

Sur les marchés les plus exposés au conflit, l’étude fait état de chutes drastiques de l’activité touristique et des revenus hôteliers. Entre mars et avril, les recettes hôtelières ont dévissé de 75 % à Dubaï — soit une perte de 1,8 milliard de dollars (environ 1,6 milliard d’euros) —, de 49 % à Abou Dhabi, de 43 % au Qatar et de 42 % à Riyad par rapport à la même période l’an dernier.

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