Le Maroc impose un droit antidumping définitif sur les importations de tôles d’acier laminées à froid en provenance d’Égypte

Le Maroc renforce son arsenal de défense commerciale. Par un arrêté conjoint n° 1165.26, signé le 8 juin 2026, le ministre de l’Industrie et du Commerce et la ministre de l’Économie et des Finances ont décidé d’instaurer un droit antidumping définitif sur les importations de tôles d’acier laminées à froid non revêtues ou non plaquées originaires d’Égypte.
L’application de cet arrêté est confiée à l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII). Il entre en vigueur le 02 Juillet 2026 après sa publication au Bulletin officiel.
Cette mesure, prise en application de la loi marocaine sur les mesures de défense commerciale, fait suite à l’avis favorable de la Commission de surveillance des importations, réunie le 10 avril 2026.
Une mesure valable cinq ans
Le droit antidumping s’appliquera pendant une durée de cinq ans, à compter de l’entrée en vigueur de l’arrêté, et concerne les tôles d’acier laminées à froid classées sous les positions tarifaires visées par le texte officiel.
Les taux retenus varient selon les producteurs et exportateurs égyptiens :
| Producteur / Exportateur | Droit antidumping définitif |
|---|---|
| Groupe Kandil Steel | 60 ,40 % |
| Autres producteurs et exportateurs égyptiens | 84 ,39% |
Le groupe Kandil Steel comprend les sociétés Kandil Steel, El Obour for Metallic Industries (Galva Metal) et Kama Coating & Metal Processing.
Une exemption sous conditions
L’arrêté prévoit une dérogation au droit antidumping pour les importations de tôles d’acier laminées à froid originaires d’Égypte lorsqu’elles sont accompagnées d’une facture visée par l’autorité gouvernementale chargée de l’Industrie, conformément aux conditions fixées par la réglementation.
Une méthodologie différenciée
Les autorités marocaines précisent également la méthodologie utilisée pour calculer les marges de dumping.
Pour le groupe Kandil Steel, qui a coopéré à l’enquête, la marge de dumping a été déterminée sur la base de ses réponses au questionnaire d’investigation. La valeur normale a été calculée à partir des prix de vente sur le marché égyptien au départ usine, tandis que le prix à l’exportation repose sur les prix effectivement facturés aux acheteurs marocains indépendants.
En revanche, pour les autres producteurs et exportateurs égyptiens n’ayant pas coopéré à l’enquête, le ministère a retenu la méthode dite des meilleures informations disponibles, en s’appuyant sur les données fournies par Kandil Steel et en appliquant la comparaison la plus défavorable entre les prix à l’exportation et les valeurs normales.
Préserver une concurrence loyale
À travers cette décision, le Maroc entend protéger son industrie sidérurgique contre les pratiques de dumping susceptibles de fausser la concurrence sur le marché national. Cette mesure s’inscrit dans la stratégie de renforcement des instruments de défense commerciale du Royaume afin de garantir des conditions de concurrence équitables pour les producteurs locaux tout en respectant les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).



