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L’IS propulse les recettes fiscales à un niveau record

Les recettes fiscales de l’État poursuivent leur progression en 2026, portées principalement par l’impôt sur les sociétés (IS), dont les performances confirment la bonne dynamique des entreprises marocaines. À fin mai, les recettes fiscales nettes atteignent un taux de réalisation de 42,5 % des prévisions de la Loi de finances 2026 et progressent de 11,6 milliards de dirhams (+8 %) par rapport à la même période de l’année précédente; selon la situation des charges et ressources du
Trésor (SCRT)
publiée par le Ministère de l’Economie et des Finances,

Le principal moteur de cette évolution demeure l’IS, dont les recettes bondissent de 9,2 milliards de dirhams (+24,2 %) pour atteindre un taux de réalisation de 49,8 %. Cette forte hausse est essentiellement alimentée par les versements spontanés des entreprises, notamment grâce à l’augmentation du premier acompte provisionnel (+4,1 milliards de DH) et du complément de régularisation (+4,1 milliards de DH)

Une conjoncture nationale plus favorable

Au Maroc, les importantes précipitations enregistrées depuis le début de l’année ont sensiblement amélioré la campagne agricole 2025-2026. Les premières estimations tablent sur une récolte céréalière de 90 millions de quintaux, favorisant la reprise des activités agricoles. Les secteurs non agricoles poursuivent également leur progression, malgré les perturbations climatiques ayant temporairement affecté le BTP ainsi que la pêche côtière et artisanale en début d’année.

Déficit budgétaire : 30,1 milliards de DH à fin mai

À fin mai 2026, le déficit budgétaire atteint 30,1 milliards de dirhams, contre 26,7 milliards un an auparavant.

Cette dégradation s’explique par :

  • une hausse des dépenses de 16,6 milliards de DH ;
  • supérieure à celle des recettes, qui progressent de 13,3 milliards de DH.

Les recettes progressent de 8,4 %

Les recettes nettes du Trésor atteignent 39,6 % des prévisions annuelles de la Loi de finances et augmentent de 13,3 milliards de DH (+8,4 %).

Les recettes fiscales gagnent 11,6 milliards de DH (+8 %)

Le taux de réalisation atteint 42,5 %.

Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux progressent parallèlement de 2,4 milliards, pour atteindre 13,7 milliards de DH.

Les principaux impôts évoluent de manière contrastée

Impôt sur les sociétés (IS) : principal moteur

  • taux de réalisation : 49,8 %
  • hausse : +9,2 milliards de DH (+24,2 %)

Cette progression est portée par :

  • le premier acompte (+4,1 milliards DH) ;
  • le complément de régularisation (+4,1 milliards DH).

Impôt sur le revenu (IR)

  • taux de réalisation : 48,8 %
  • baisse apparente : -648 millions DH (-2 %)

Cette diminution provient essentiellement de la recette exceptionnelle de 3,8 milliards de DH enregistrée en 2025 dans le cadre de la régularisation fiscale volontaire.

Hors cet élément exceptionnel, les recettes de l’IR afficheraient une croissance de 11,1 %, soutenue notamment par :

  • l’IR sur les cessions de valeurs mobilières (+1,7 milliard DH) ;
  • l’IR sur les salaires (+1 milliard DH).

TVA

  • taux de réalisation : 36,2 %
  • hausse : +1,7 milliard DH (+4,3 %)

La progression provient principalement :

  • de la TVA à l’importation (+1,2 milliard DH) ;
  • de la TVA intérieure (+557 millions DH).

Les remboursements de TVA atteignent 10,2 milliards de DH, contre 8,7 milliards un an auparavant.

Taxes intérieures de consommation (TIC)

  • taux de réalisation : 34 %
  • hausse : +344 millions DH (+2,3 %)

L’augmentation provient essentiellement des TIC sur les produits énergétiques.

Droits de douane

  • taux de réalisation : 37,9 %
  • progression : +262 millions DH (+3,9 %)

Droits d’enregistrement et de timbre

  • taux de réalisation : 48,6 %
  • hausse : +912 millions DH (+8,5 %)

Cette évolution est notamment portée par les recettes des droits d’enregistrement et de la taxe sur les assurances.

Les recettes non fiscales dépassent 13 milliards de DH

Les recettes non fiscales atteignent 13,4 milliards de DH, provenant principalement :

  • des établissements et entreprises publics (5,9 milliards DH), notamment :
    • Bank Al-Maghrib : 4,2 milliards DH
    • ANCFCC : 1,5 milliard DH
  • des produits divers des ministères (6,5 milliards DH).

Les dépenses augmentent plus vite que les recettes

Les dépenses ordinaires atteignent 172,1 milliards de DH, soit :

  • 45,4 % des crédits ouverts ;
  • une hausse de 18,2 milliards DH.

Cette progression résulte principalement de :

  • +16,2 milliards DH pour les biens et services ;
  • +2 milliards DH pour les intérêts de la dette.

Les dépenses de compensation demeurent stables à 9,1 milliards DH.

Les dépenses de personnel accélèrent

Les dépenses de personnel progressent de 6,8 milliards DH, sous l’effet des mesures issues du dialogue social.

Les autres dépenses de biens et services augmentent de 9,4 milliards DH, principalement en raison d’une hausse des transferts aux établissements et entreprises publics (+7 milliards DH).

Intérêts de la dette

Les charges d’intérêts progressent de 12,9 %, sous l’effet :

  • d’une hausse de 1,5 milliard DH sur la dette intérieure ;
  • de 460 millions DH sur la dette extérieure.

Le solde ordinaire bascule dans le rouge

À fin mai 2026, le solde ordinaire devient déficitaire de 679 millions de DH, alors qu’il affichait un excédent de 4,3 milliards DH à la même période de 2025.

L’investissement public poursuit son accélération

Les dépenses d’investissement atteignent 51,1 milliards de DH, en hausse de 7,4 milliards DH (+17 %).

Leur taux d’exécution s’établit à 44,5 % des crédits prévus.

Les Comptes spéciaux du Trésor dégagent un excédent record

Les Comptes spéciaux du Trésor enregistrent un excédent de 21,7 milliards de DH, contre 12,7 milliards un an auparavant.

Cet excédent provient :

  • des comptes d’affectation spéciale (17,7 milliards DH) ;
  • des comptes de dépenses sur dotations (4,4 milliards DH).

Le besoin de financement diminue malgré le creusement du déficit

En tenant compte d’une réduction des opérations en instance de 7 milliards de DH, le besoin de financement ressort à 37,1 milliards de DH, contre 44,6 milliards DH à fin mai 2025.

Le financement repose sur :

  • des levées nettes de 22,2 milliards DH sur le marché domestique ;
  • des emprunts extérieurs nets de près de 21,1 milliards DH.

Les émissions sur le marché intérieur comprennent :

  • 63,5 milliards DH de souscriptions ;
  • 41,3 milliards DH de remboursements.

À l’extérieur :

  • 32,7 milliards DH ont été mobilisés, dont 23,7 milliards DH sur les marchés financiers internationaux ;
  • les amortissements se sont élevés à 11,6 milliards DH.

À retenir

Malgré une conjoncture intérieure plus favorable, une forte progression de l’IS et une accélération des investissements publics, les finances publiques restent sous pression. La hausse des dépenses, notamment de personnel et de fonctionnement, a dépassé celle des recettes, entraînant un creusement du déficit budgétaire. En revanche, la réduction du besoin de financement témoigne d’une gestion active du financement de l’État, soutenue par un recours équilibré aux marchés domestiques et internationaux.

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