
C’est un vote historique qui s’est joué ce lundi 22 juin 2026 au Parlement. La Commission des secteurs sociaux à la Chambre des Représentants a adopté à l’unanimité le projet de loi n° 032.26, modifiant l’article 193 du Code du travail. L’objectif ? Mettre fin à une injustice flagrante en alignant enfin les agents de sécurité privée sur la durée normale de travail de tous les salariés (selon l’article 184), brisant ainsi le plafond des 12 heures de travail quotidien payées au lance-pierre.
Le ministre de l’Emploi, Younes Sekkouri, s’est félicité de cette avancée qui vise à redonner de la dignité à ces travailleurs, à créer de nouveaux emplois et à moderniser un secteur en pleine expansion.
Une avancée majeure… qui laisse un goût d’inachevé
Si l’on ne peut que saluer cette réforme pour les agents de sécurité, une question fondamentale persiste : pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? En ciblant uniquement la sécurité privée, le ministre laisse de côté toute une armée de travailleurs de l’ombre qui subissent pourtant des conditions de précarité et de pénibilité similaires, voire supérieures :
- Les femmes de ménage et agents de propreté : Souvent soumises à des horaires fragmentés, des amplitudes journalières interminables et une sous-traitance opaque.
- Les éboueurs et agents de salubrité publique : Qui portent à bout de bras l’hygiène de nos villes au péril de leur santé, sans bénéficier des mêmes protections horaires ou de revalorisations statutaires à la hauteur de leur sacrifice.
- Les autres métiers d’itinérance ou d’intérim : Qui restent bloqués sous le statut de « travail intermittent », corvéables à merci.
En somme : Le Maroc fait un pas de géant pour la justice sociale dans le secteur du gardiennage. Mais pour que la réforme du Code du travail soit réellement équitable, le gouvernement devra rapidement se pencher sur le sort des autres profils essentiels qui attendent, eux aussi, que l’on reconnaisse leur juste valeur.
Chambre des représentants: la Commission des secteurs sociaux adopte à l’unanimité le projet de loi relatif aux agents de sécurité privée
La Commission des secteurs sociaux à la Chambre des Représentants a adopté à l’unanimité, lundi à Rabat, le projet de loi n° 032.26 complétant l’article 193 de la loi n° 65.99 relative au Code du travail, tel qu’il a été approuvé par la Chambre des Conseillers.
S’exprimant à cette occasion, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a souligné que la profession de gardiennage a connu d’importantes évolutions au cours des deux dernières décennies, notamment avec l’adoption de la loi n° 27.06 relative aux activités de gardiennage et de transport de fonds, entrainant une augmentation des missions et des responsabilités des agents de sécurité, ainsi qu’un recours croissant à leurs services à travers les marchés publics et les contrats de prestation de services.
Ce projet vise notamment à réduire la durée quotidienne de travail des agents de sécurité liés par des contrats de travail à des entreprises exerçant des activités de sécurité conformément à la loi en vigueur, à créer de nouveaux emplois, à recruter un plus grand nombre de salariés dans le secteur de gardiennage et rendre justice à cette catégorie de travailleurs.
Il a, également, mis en avant les principales dispositions dudit texte, notamment le complément de l’article 193 du Code du travail stipulant d’exclure les agents de sécurité liés par des contrats de travail à des entreprises exerçant des activités de sécurité conformément à la loi en vigueur, de la catégorie des agents dont le travail est considéré comme intermittent et qui travaillent jusqu’à douze heures par jour contre un salaire correspondant à la durée normale de travail.
Parmi ces dispositions figurent aussi la soumission de la catégorie des agents de sécurité à la durée normale du travail prévue pour l’ensemble des salariés par l’article 184 du Code du travail, a-t-il poursuivi.
S’agissant de son entrée en vigueur, Sekkouri a rappelé la nécessité de respecter les dispositions de cette loi à partir de sa publication au Bulletin officiel, ajoutant qu’il existe une exception de neuf mois maximum après la publication de cette loi pour les contrats de travail découlant de contrats conclus par les entreprises exerçant des activités de sécurité avant cette date.
La Chambre des conseillers, a approuvé lundi à l’unanimité, le projet de loi N° 032.26 complétant l’article 193 de la loi N° 65.99 relative au Code du travail, tel que modifié, qui vise à soumettre les agents de sécurité privée à la durée normale de travail stipulée pour tous les employés.. map
Les détails de la nouvelle loi (Sécurité privée)
Pour les agents de sécurité, le changement est concret. La loi stipule désormais :
- Fin des 12 heures quotidiennes : Ils sortent de la catégorie des travaux intermittents.
- Transition progressive : La loi s’appliquera dès sa publication au Bulletin officiel, avec un délai de grâce de 9 mois maximum pour les contrats publics et privés déjà signés par les entreprises de sécurité avant cette date.



