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La Türkiye et l’Arabie saoudite ambitionnent de construire une liaison ferroviaire avec la Jordanie et la Syrie

La Türkiye et l’Arabie saoudite ambitionnent de construire une ligne de chemin de fer pour relier les deux pays à la Jordanie et à la Syrie d’ici trois ou quatre ans, a déclaré un haut responsable dimanche, ajoutant que d’autres pays du Golfe rejoindraient également le projet.

Cette voie ferrée permettrait d’atténuer à l’avenir les problèmes découlant de la perturbation du détroit d’Hormuz causée par la guerre en Iran, a déclaré le ministre des Transports et des Infrastructures, Abdulkadir Uraloğlu, à la chaîne Al Jazeera.

Le projet est décrit dans un protocole d’accord signé la semaine dernière entre Ankara et Riyad sur la coopération logistique et le secteur ferroviaire.

Dans une phase initiale, la liaison ferroviaire permettra le transport de marchandises, de pétrole, de gaz naturel et de personnes entre l’Arabie saoudite, la Türkiye, la Jordanie, la Syrie et l’Europe, a précisé M. Uraloğlu. Il a ajouté que les Émirats arabes unis (EAU), le Koweït, le Qatar, l’Oman et potentiellement le Yémen y seraient également intégrés par la suite.

« Un train partant d’Arabie saoudite, depuis Riyad, dessert déjà plusieurs régions saoudiennes. Il s’agit donc d’un projet visant à lui faire atteindre la Türkiye via la Jordanie et la Syrie », a déclaré M. Uraloğlu, selon des propos rapportés.

« Nous parlons d’un itinéraire qui transportera tout type de fret vers l’Europe par cette voie », a-t-il souligné.

Les échos du chemin de fer du Hedjaz

Les déclarations de M. Uraloğlu interviennent alors que les discussions s’intensifient autour du réseau historique du chemin de fer du Hedjaz, qui reliait autrefois Istanbul aux villes saintes de l’Islam, La Mecque et Médine, ainsi qu’à Damas et à certaines parties du Yémen.

Construit à l’origine entre 1900 et 1908 sous le règne du sultan ottoman Abdulhamid II, il s’étendait sur environ 1 750 kilomètres. Conçu pour faciliter le pèlerinage à La Mecque, le chemin de fer répondait également à des objectifs militaires et administratifs stratégiques, renforçant le contrôle ottoman sur les provinces éloignées.

Bien que largement démantelé ou endommagé pendant la Première Guerre mondiale et les conflits qui ont suivi, certaines portions de la voie ferrée restent intactes et font depuis longtemps l’objet d’efforts de restauration.

État d’avancement et perspectives

M. Uraloğlu a indiqué que le tronçon allant de l’Arabie saoudite jusqu’à la frontière jordanienne était terminé. Du côté turc, la liaison est achevée d’Islahiye jusqu’à Kilis et Gaziantep, dans le sud-est de la Türkiye, près de la frontière syrienne. Cela laisse un écart d’environ 400 kilomètres entre la Syrie et la Jordanie, a-t-il précisé.

En plus du commerce marchand, M. Uraloğlu a souligné que la voie ferrée pourrait également être empruntée par les fidèles pour le pèlerinage annuel musulman du Hadj.

La Türkiye, voisine de la Syrie, a tissé des liens étroits avec le gouvernement de Damas après la chute du dictateur de longue date Bachar al-Assad à la fin de l’année 2024, et a déclaré qu’elle aiderait le pays à se reconstruire.

M. Uraloğlu a confié à Al Jazeera qu’un plan financier allait être élaboré pour ce projet ferroviaire. L’investissement comprendrait notamment quelque 100 millions de dollars pour reconstruire la ligne reliant la Türkiye à la ville syrienne d’Alep, créant ainsi une liaison directe vers Damas. AVEC REUTERS

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