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T1 2026 : un tassement visible de l’appareil productif marocain

Au premier trimestre 2026, l’économie productive marocaine affiche un ralentissement modéré mais généralisé, mis en évidence par l’évolution simultanée des principaux indices sectoriels. L’indice de la production des industries manufacturières hors raffinage de pétrole recule de 1,4 %, passant de 120,2 à 118,5 points en glissement annuel, tandis que les industries extractives baissent de 1,9 %, de 128,2 à 125,8 points. Dans le même temps, la production et distribution d’électricité enregistre une baisse plus marquée de 3,7 %, de 136,6 à 131,6 points, confirmant un affaiblissement de la demande énergétique et de l’intensité d’activité globale.

Cette évolution globale masque toutefois de fortes disparités sectorielles. Dans les industries extractives, la hausse des minerais métalliques (+0,7 %) ne compense pas le recul des autres activités extractives (-2,0 %). Dans l’industrie manufacturière, la dynamique est très contrastée : plusieurs branches enregistrent des baisses significatives, notamment l’équipement électrique (-11,3 %), l’imprimerie (-10,6 %), la métallurgie (-8,9 %), l’habillement (-8,1 %) et les produits minéraux non métalliques (-8,6 %), tandis que d’autres secteurs affichent une progression notable comme les matériels de transport (+28,2 %), la réparation et installation de machines (+14,7 %), l’électronique (+7,1 %), l’automobile (+4,5 %) et la pharmacie (+4,5 %).

Niveau le plus faible observé depuis cinq trimestres.

L’indice de la production et de la distribution d’électricité est passé de 136,6 au premier trimestre 2025 à 131,6 au premier trimestre 2026, soit une baisse de 3,7 %, confirmant le ralentissement observé au début de l’année.

Plus préoccupant encore, l’indice affiche une chute de 8,8 % par rapport au quatrième trimestre 2025 (144,3 à 131,6). Cette évolution traduit une diminution sensible de l’activité énergétique après un second semestre 2025 particulièrement dynamique.

Le pic de 158,8 points au troisième trimestre 2025 témoigne d’une forte demande électrique durant la période estivale, portée notamment par :

  • la hausse de la consommation liée aux fortes chaleurs ;
  • l’intensification de l’activité touristique ;
  • une demande accrue des ménages et des entreprises.

Le repli observé à partir du quatrième trimestre s’inscrit donc en partie dans un mouvement saisonnier, mais le niveau atteint au premier trimestre 2026 apparaît inférieur à celui enregistré un an auparavant.

Un indicateur avancé de l’activité économique

L’électricité étant consommée par l’ensemble des secteurs productifs, son évolution constitue un indicateur clé de la dynamique économique. La baisse constatée au premier trimestre 2026 rejoint celle de l’indice des industries manufacturières (-1,4 %) et laisse entrevoir une modération de l’activité industrielle nationale.

L’électricité, avec son recul de 3,7 %, joue un rôle de baromètre synthétique de la conjoncture, traduisant une moindre intensité d’utilisation des capacités productives dans un contexte où les industries énergivores ralentissent également. L’ensemble de ces évolutions dessine un début d’année 2026 marqué non par une contraction sévère, mais par une phase d’ajustement conjoncturel, caractérisée par un tassement de l’activité dans les secteurs traditionnels et une consolidation dans les filières industrielles à plus forte valeur ajoutée. HCP

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