
Le premier grand choc de cette Coupe du monde a été à la hauteur des attentes. Le Maroc s’est comporté comme un sérieux candidat au statut de révélation du tournoi, dominant d’abord puis contrôlant ensuite le Brésil, qui a retrouvé par moments sa grandeur pour rééquilibrer la rencontre et même frôler la victoire. Brahim Díaz a ouvert la voie aux visiteurs grâce à une passe extraordinaire pour Saibari, tandis que Vinícius a assumé le rôle de leader attendu de la Seleção. Il est apparu au moment où son pays souffrait le plus pour lui redonner espoir. Un match nul mérité entre deux adversaires redoutables.
La veille de la rencontre, Achraf Hakimi avait affirmé que le Maroc était « le Brésil de l’Afrique », et les Lions de l’Atlas se sont comportés comme tels dès le coup d’envoi. Ils n’ont rendu le ballon qu’après l’engagement initial avant de presser avec une intensité impressionnante, comme si le monde allait s’arrêter au bout de dix minutes. Ils ont empêché leur adversaire de sortir proprement le ballon, récupérant rapidement et à proximité de la surface d’Alisson, tout en orientant leurs attaques vers le point faible brésilien : le côté de Roger Ibañez.
Mazraoui a d’abord débordé avant de centrer en retrait, mais Neil El Aynaoui a manqué sa reprise. Peu après, Achraf Hakimi a trouvé de l’espace sur l’autre aile, mais sa frappe a fui le cadre.
Sur son banc, Carlo Ancelotti s’agitait. Il avait renforcé l’entrejeu avec Lucas Paquetá aux côtés de Casemiro et Bruno Guimarães, mais son équipe ne contrôlait pas le jeu. Pourtant, il n’a fallu qu’une accélération, presque sortie de nulle part, pour que Vinícius dépose un véritable caviar sur la tête d’Igor Thiago. L’occasion était si nette que Roberto Carlos, Kaká et Ronaldo Nazário, présents dans la tribune VIP du stade de New York, ont regretté le raté de l’attaquant.
Le Brésil a grandi à partir de cet éclair de génie. Raphinha est apparu pour adresser une excellente passe à Vinícius, qui n’a cependant pas réussi à contrôler le ballon. Cela n’a pas perturbé la sélection marocaine. Bien au contraire.
Le Maroc s’est replié avec ordre afin de mieux progresser ensuite. Ce fut notamment le cas grâce à Brahim Díaz, qui a contrôlé le ballon au milieu de terrain avant de délivrer une passe digne d’un quarterback de football américain, parfaitement glissée entre les défenseurs centraux — un geste que l’on aurait pu dédier à Tom Brady, présent dans les tribunes. Ismael Saibari s’est alors retrouvé seul face au but. Tout le talent de l’attaquant marocain s’est exprimé dans une subtile balle piquée qui a donné l’avantage aux Lions de l’Atlas (0-1).
But de Saibari (0-1) lors de Brésil – Maroc (1-1)
Le Brésil a alors vécu une période difficile, dominé par la férocité des Lions de l’Atlas. El Aynaoui, Brahim Díaz et Saibari se sont approchés à plusieurs reprises de la surface adverse. Sans réellement obliger Alisson à intervenir, mais en créant une menace permanente.
Le Maroc se libérait, supérieur collectivement, tandis qu’Achraf Hakimi prenait de plus en plus d’ampleur, parcourant tout le terrain à la recherche du deuxième but.
Mais il a suffi d’une attaque marocaine mal négociée et d’un repli tardif pour que Vinícius fasse parler son talent. Il a contrôlé le ballon dans sa zone, défié El Aynaoui, l’a éliminé dans la surface avant de conclure d’une frappe croisée puissante dans le filet. À peine la Coupe du monde commencée, Vinícius Junior venait déjà au secours du Brésil.
But de Vinícius (1-1) lors de Brésil – Maroc (1-1)
L’égalisation a rééquilibré la rencontre. Le Maroc l’a ressenti et a pris conscience de la dimension de l’adversaire qu’il affrontait. Malgré sa nette domination au milieu de terrain, là où se gagnent les matchs, il ne menait plus au score.
Et dans les dernières minutes de la première période, l’occasion la plus nette est même revenue à la Seleção. Lucas Paquetá s’est retrouvé seul dans la surface, a repris un centre de Douglas Santos d’une demi-volée qui a obligé Yassine Bounou à réaliser un arrêt décisif. Les deux équipes sont rentrées aux vestiaires sur un score de parité.
Ancelotti a choisi de sécuriser son équipe au retour des vestiaires en remplaçant ses deux joueurs avertis, Casemiro et Roger Ibañez.
Le Brésil a gagné en solidité, avec un Paquetá particulièrement inspiré. Sur une touche rapidement jouée, Igor Thiago a obligé Bounou à réaliser une nouvelle belle intervention. Pendant une longue séquence, avec Fabinho à la récupération, le Brésil est revenu à ses fondamentaux : conserver le ballon afin de reprendre le contrôle statistique du match.
La Seleção a dominé, tandis que le Maroc a légèrement baissé d’intensité. Les Lions de l’Atlas sont redevenus vulnérables dans le dos d’Achraf Hakimi. Les milieux de terrain marocains, notamment Ayyoub Bouaddi, ont toutefois bien corrigé le problème en empêchant les percées de Vinícius. Une situation qui a conduit le sélectionneur marocain à effectuer ses premiers changements.
Talbi est bien entré dans la rencontre, mais c’est surtout la pause d’hydratation qui a fait du bien au Maroc. Les Lions ont retrouvé leur présence dans le match avant de reprendre progressivement le contrôle des opérations, avec Bouaddi en véritable patron du milieu de terrain. Le jeune milieu a livré une prestation gigantesque.
Malgré la montée en puissance du joueur du LOSC et les appels de Saibari dans le dos de Marquinhos, la meilleure occasion est encore venue du Brésil. Vinícius a créé le danger sur son aile avant que Raphinha ne reprenne du pied gauche. Bounou est alors intervenu pour maintenir son équipe à flot.
De l’autre côté du terrain, Alisson a réalisé la même mission dans le temps additionnel. Le gardien brésilien a empêché le Maroc de l’emporter en repoussant deux tentatives successives de Neil El Aynaoui puis d’Ayoube Amaimouni.
Les grandes équipes ont besoin de grands gardiens. C’est précisément ce qu’ont démontré le Brésil et le Maroc. Mais les deux sélections devront encore progresser si elles veulent revenir dans ce stade du New Jersey pour le dernier match du tournoi : la finale. cora.es
Classement des performances
- Ismael Saibari (Maroc) : 7,8
- Brahim Díaz (Maroc) : 7,2
- Bilal El Khannous (Maroc) : 7,1
- Ayyoub Bouaddi (Maroc) : 7,0
- Alisson (Brésil) : 7,0



