Le pétrole grimpe après de nouveaux commentaires de Trump sur l’Iran

Les cours du pétrole montent jeudi après que Donald Trump a qualifié les négociateurs iraniens de «différents et bizarres» et alors que l’Iran dément toujours toute discussion avec les États-Unis, faisant craindre une nouvelle escalade du conflit. Vers 13h20, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, prenait 4,66% à 106,98 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 4,14% à 94,06 dollars.
En cas d’invasion terrestre américaine, Téhéran menace aussi d’ouvrir un «nouveau front» dans le détroit de Bab el-Mandeb, un autre détroit clé pour le trafic maritime car il est le passage depuis l’Asie vers la mer Rouge et le canal de Suez, a averti mercredi une source militaire citée par l’agence Tasnim.
Une perturbation du trafic maritime en mer Rouge «compliquerait la capacité de l’Arabie saoudite à exporter du pétrole via Yanbu, dont le volume a atteint environ 4 millions de barils par jour», soit environ 40% de la production d’avant-guerre du pays, affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Le port de Yanbu est en effet la principale voie de contournement pour les barils de pétrole bloqués par la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz orchestrée par l’Iran pour faire pression sur les États-Unis.
La BERD alerte sur le risque d’un pétrole à 100 dollars pour la croissance mondiale
La persistance d’un baril de pétrole à 100 dollars (79,30 francs) à cause de la guerre au Moyen-Orient freinerait la croissance économique mondiale en alimentant l’inflation, a alerté jeudi la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
L’institution, créée pour aider les anciens pays du bloc soviétique à adopter l’économie de marché avant d’étendre son champ d’action au Moyen-Orient et à l’Afrique, souligne qu’une hausse de 10% du prix moyen du pétrole s’accompagne généralement d’un recul de 0,1 point de pourcentage de la croissance mondiale.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient il y a bientôt quatre semaines, le prix du baril de Brent, la référence mondiale, a augmenté d’environ 45%, dépassant les 105 dollars jeudi.
Le système du commerce mondial en proie aux «pires perturbations» depuis 80 ans
«Le système du commerce mondial connaît ses pires perturbations depuis 80 ans», a déclaré la cheffe de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, à l’ouverture de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’organisation à Yaoundé, au Cameroun. «Mais ces perturbations ne sont que le symptôme de bouleversements plus vastes qui ébranlent l’ordre international créé après la Seconde Guerre mondiale pour empêcher la répétition des horreurs de la première moitié du XXᵉ siècle», a-t-elle ajouté.
À l’ouverture de cette conférence, Mme Okonjo-Iweala a dressé un tableau assez sombre de l’état du monde. «L’ordre mondial et le système multilatéral que nous connaissions ont été irrévocablement transformés», a-t-elle ajouté.
«L’ampleur des problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui, même avant le conflit du Golfe, a déstabilisé les échanges d’énergie, d’engrais et de produits alimentaires. Les gouvernements nationaux et les institutions internationales peinent à gérer la montée des tensions géopolitiques, l’intensification des pressions climatiques et l’évolution technologique rapide» et «ces bouleversements s’accompagnent d’une remise en question de plus en plus virulente du multilatéralisme», a-t-elle affirmé. 20min


