Sécurité hydrique au Maroc : une nouvelle stratégie face aux grands changements climatiques
Le ministre de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts, Nizar Baraka, a indiqué lundi à Rabat que son ministère a lancé une nouvelle stratégie en matière de sécurité hydrique, prenant en compte les grands changements liés au dérèglement climatique.
S’exprimant en réponse à une question lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, portant sur « la stratégie du ministère pour garantir la sécurité hydrique et prévenir les risques d’inondation », Baraka a expliqué que cette stratégie vient concrétiser le contenu du discours royal à l’occasion de l’ouverture de la première session de la législature actuelle, dans lequel le Roi Mohammed VI a appelé au lancement d’une nouvelle génération de grandes stratégies, notamment dans le domaine de la sécurité hydrique.
Le ministre a souligné que la nouvelle stratégie prend en compte les grands changements liés aux changements climatiques, à la sécheresse, aux inondations, à la hausse des températures, ainsi qu’à l’inégalité des précipitations. Il a relevé, à cet égard, que 53 % des précipitations se concentrent sur seulement 7 % du territoire du Royaume, ce qui pose un défi en matière d’équité territoriale, outre la problématique de la répartition inégale et de la surexploitation des nappes phréatiques dans certaines régions.
Baraka a noté que le ministère s’est concentré, dans le cadre de cette stratégie, sur l’accélération de la réalisation des grands barrages, en application des hautes orientations royales, rappelant la poursuite des travaux de réalisation de 17 grands barrages d’une capacité de stockage de 5 milliards 400 millions de mètres cubes, et de 6 barrages moyens en cours de réalisation, avec la programmation de 3 nouveaux barrages moyens, et le lancement de 12 nouveaux barrages d’une capacité supplémentaire estimée à 4 milliards 900 millions de mètres cubes, dans le but d’atteindre une capacité de stockage totale de 27 milliards de mètres cubes à l’horizon 2031.
Concernant l’interconnexion entre bassins hydrauliques, le ministre a rappelé la réalisation du premier tronçon de la liaison entre les bassins du Sebou et de l’Abou Regreg, annonçant le lancement du deuxième tronçon de la liaison entre les bassins de l’Abou Regreg et de l’Um Er-Rbia à partir de l’année prochaine, dans le but de transférer environ 8 millions de mètres cubes, ce qui aura un impact positif sur la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable et le renforcement de la sécurité alimentaire.
S’agissant du dessalement de l’eau de mer, le responsable gouvernemental a indiqué que le rythme de réalisation des stations a été accéléré, la capacité de production passant de 46 millions de mètres cubes en 2021 à 447 millions de mètres cubes actuellement. Il a ajouté que le ministère lancera, au cours de cette année, deux stations à Nador et Driouch d’une capacité de 300 millions de mètres cubes par an, et une station à Tanger d’une capacité de 150 millions de mètres cubes.
Il a également annoncé le lancement de nouveaux projets au cours de l’année prochaine, comprenant une station à Tiznit d’une capacité de 350 millions de mètres cubes, et des stations à Tan-Tan, Guelmim et Rabat, ainsi que l’extension de la station de Chtouka Aït Baha, ce qui permettra, à l’horizon 2031, d’atteindre une capacité de production totale d’environ 1 milliard 800 millions de mètres cubes, et de sécuriser 60 % des besoins du Royaume en eau potable, tout en améliorant les conditions de vie des populations du monde rural.
Concernant les économies d’eau, le ministre a souligné que les efforts se poursuivent pour étendre les superficies irriguées par goutte-à-goutte afin de dépasser un million d’hectares, tout en œuvrant à l’amélioration du rendement des canaux d’irrigation et de l’eau potable, et à l’augmentation du volume des eaux usées traitées et réutilisées. Il a indiqué que le ministère dispose d’un projet visant à préserver les nappes phréatiques et à rationaliser leur exploitation.
Baraka a relevé que la stratégie de sécurité hydrique a intégré la dimension technologique, les techniques d’intelligence artificielle et la numérisation pour garantir une exploitation optimale des potentialités hydriques disponibles.
En ce qui concerne la gestion des risques d’inondation, le ministre a exposé un plan proactif reposant sur cinq piliers fondamentaux :
- l’amélioration de la connaissance des zones exposées aux inondations, via le lancement d’un nouvel « atlas » ;
- le renforcement des ouvrages hydrauliques, en poursuivant la construction de grands, moyens, petits et mini-barrages et d’ouvrages de protection pour réguler le débit et atténuer l’intensité des inondations.
Il a indiqué, à cet égard, la réalisation de 27 projets de protection contre les inondations couvrant les provinces de Larache, Tanger-Assilah, Tétouan, Ouezzane, Nador, Jerada, Boulmane, Meknès, Sefrou, Kénitra, Sidi Kacem, Settat, Chichaoua, Marrakech, Zagora, Tiznit, Taroudant, Tinghir, Sidi Ifni, Tan-Tan, Assa-Zag, Boujdour, Laâyoune, Chefchaouen et El Haouz, en plus de 21 projets en cours de réalisation.
Le ministre a conclu que le ministère a œuvré au développement des systèmes de surveillance, de prévision et de vigilance, via l’activation de programmes de contrôle en temps réel des précipitations et la mise en place d’un système avancé d’alerte précoce afin de protéger les vies et les biens des citoyens.
(MAP :
Contexte et fondement de la stratégie
| Élément | Détail |
|---|---|
| Annonce | Lundi à Rabat, lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants |
| Intervenant | Nizar Baraka, ministre de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts |
| Cadre | Concrétisation du discours royal à l’ouverture de la première session de la législature |
| Appel royal | Lancer une nouvelle génération de grandes stratégies, notamment en matière de sécurité hydrique |
Défis pris en compte
- Changements climatiques
- Sécheresse
- Inondations
- Hausse des températures
- Inégalité des précipitations
1.2 Constat clé
53 % des précipitations se concentrent sur seulement 7 % du territoire du Royaume.
→ Défi d’équité territoriale, de répartition inégale et de surexploitation des nappes phréatiques dans certaines régions.
Barrages : accélération des réalisations
| Catégorie | Nombre | Capacité / Détail |
|---|---|---|
| Grands barrages en cours | 17 | 5,4 milliards de m³ |
| Barrages moyens en cours | 6 | — |
| Nouveaux barrages moyens programmés | 3 | — |
| Nouveaux barrages lancés | 12 | 4,9 milliards de m³ supplémentaires |
| Objectif 2031 | — | 27 milliards de m³ de capacité totale |
Interconnexion des bassins hydrauliques
| Tronçon | Statut | Volume transféré |
|---|---|---|
| Sebou → Abou Regreg | Réalisé (1er tronçon) | — |
| Abou Regreg → Um Er-Rbia | Lancement l’année prochaine (2e tronçon) | ≈ 8 millions de m³ |
Objectifs :
- Sécuriser l’approvisionnement en eau potable
- Renforcer la sécurité alimentaire
Dessalement de l’eau de mer : montée en puissance
Évolution de la capacité
| Année | Capacité de production |
|---|---|
| 2021 | 46 millions de m³ |
| 2026 | 447 millions de m³ |
Stations lancées cette année
| Station | Capacité |
|---|---|
| Nador | 300 millions de m³/an (avec Driouch) |
| Driouch | (incluse ci-dessus) |
| Tanger | 150 millions de m³ |
Projets lancés l’année prochaine
| Station | Capacité |
|---|---|
| Tiznit | 350 millions de m³ |
| Tan-Tan | — |
| Guelmim | — |
| Rabat | — |
| Extension Chtouka Aït Baha | — |
Objectifs à l’horizon 2031
- Capacité totale : ≈ 1,8 milliard de m³
- 60 % des besoins du Royaume en eau potable sécurisés
- Amélioration des conditions de vie en milieu rural
Économies d’eau
| Levier | Objectif / Statut |
|---|---|
| Goutte-à-goutte | Dépasser 1 million d’hectares |
| Rendement des canaux | Amélioration (irrigation et eau potable) |
| Eaux usées | Augmentation du volume traité et réutilisé |
| Nappes phréatiques | Projet de préservation et de rationalisation de l’exploitation |
Dimension technologique
La stratégie intègre :
- la technologie ;
- les techniques d’intelligence artificielle ;
- la numérisation.
→ Objectif : exploitation optimale des potentialités hydriques disponibles.
Gestion des risques d’inondation : un plan proactif en 5 piliers
| Pilier | Contenu |
|---|---|
| 1. Connaissance | Amélioration de la connaissance des zones exposées via un nouvel « atlas » |
| 2. Ouvrages hydrauliques | Poursuite de la construction de grands, moyens, petits et mini-barrages, et d’ouvrages de protection pour réguler le débit |
| 3. Projets réalisés | 27 projets de protection contre les inondations |
| 4. Projets en cours | 21 projets en cours de réalisation |
| 5. Rétroaction | — |
Provinces couvertes par les 27 projets réalisés
Larache, Tanger-Assilah, Tétouan, Ouezzane, Nador, Jerada, Boulmane, Meknès, Sefrou, Kénitra, Sidi Kacem, Settat, Chichaoua, Marrakech, Zagora, Tiznit, Taroudant, Tinghir, Sidi Ifni, Tan-Tan, Assa-Zag, Boujdour, Laâyoune, Chefchaouen, El Haouz.
Systèmes de surveillance et d’alerte
Le ministère a développé :
- des programmes de contrôle en temps réel des précipitations ;
- un système avancé d’alerte précoce.
→ Objectif : protéger les vies et les biens des citoyens.
Synthèse
| Domaine | Objectif / Réalisation |
|---|---|
| Barrages | 27 milliards de m³ à l’horizon 2031 |
| Interconnexion | 8 millions de m³ transférés (Abou Regreg → Um Er-Rbia) |
| Dessalement | 1,8 milliard de m³ à l’horizon 2031 ; 60 % des besoins en eau potable |
| Économies d’eau | 1 million d’hectares en goutte-à-goutte |
| Technologie | IA et numérisation intégrées |
| Inondations | 27 projets réalisés, 21 en cours |
| Alerte | Système avancé d’alerte précoce |
Source : MAP, 2 novembre 2026.

