
En un an, TAMWILCOM a perdu le quart de son activité. Comparons, chiffre par chiffre, les premiers semestres 2025 et 2026. Le verdict est sans appel : la machine à garantir les crédits tourne moins vite, rapporte moins, et sert moins d’entreprises. Un signal d’alerte pour le financement de l’économie marocaine.
Le match des chiffres : 2025 écrase 2026
| Indicateur | S1 2025 | S1 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Financements mobilisés | 27,2 Mds DH | 23,9 Mds DH | −3,3 Mds DH (−12,1 %) |
| Engagements | 18,2 Mds DH | 14,7 Mds DH | −3,5 Mds DH (−19,2 %) |
| Opérations de crédit | 46.000 | 31.500 | −14.500 (−31,5 %) |
| Opérations entreprises | 39.000 | 26.000 | −13.000 (−33,3 %) |
| Opérations particuliers | 7.000 | — | |
| Produit Net Bancaire | 494 M DH | 413 M DH | −81 M DH (−16,4 %) |
| Résultat Net | 268 M DH | 198 M DH | −70 M DH (−26,1 %) |
Le diagnostic est brutal. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Le volume recule de 12 %. Les engagements chutent de 19 %. Le nombre d’opérations s’effondre de 31,5 %. Le Produit Net Bancaire baisse de 16,4 %. Le Résultat Net dégringole de 26,1 %.
La garantie entreprises : le cœur qui ralentit
| Mécanisme | S1 2025 | S1 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Garantie entreprises privées (crédits) | 19,7 Mds DH | ~20 Mds DH | Stable |
| Engagements garantie entreprises | 11,3 Mds DH | 11,5 Mds DH | +1,8 % |
| Établissements publics | 5,1 Mds DH | 2 Mds DH | −60,8 % |
| DAAMA TAMWIL (participatif) | 209 M DH | 400+ M DH | +72 % |
Le cœur de métier résiste : la garantie aux entreprises privées reste autour de 20 milliards de DH de crédits mobilisés et 11,5 milliards de DH d’engagements. C’est le seul segment stable.
Mais les établissements publics s’effondrent : de 5,1 milliards de DH en 2025 à 2 milliards de DH en 2026. Une chute de 60,8 %. TAMWILCOM perd son rôle de partenaire institutionnel de référence sur les grands financements.
DAAMA TAMWIL : la seule lumière
Dans ce tableau sombre, un seul indicateur brille : la fenêtre participative DAAMA TAMWIL. Elle passe de 209 millions de DH en 2025 à plus de 400 millions de DH en 2026, soit une progression de 72 %. C’est la preuve que la finance participative trouve son public et que la demande existe. Mais 400 millions de DH, c’est moins de 2 % du volume global. Insuffisant pour compenser le décrochage.
Ce que révèle ce comparatif
Premier constat : TAMWILCOM ralentit plus vite que l’économie. Le besoin de financement de l’économie nationale a doublé, passant de 2,4 % à 5 % du PIB au deuxième trimestre 2026. Dans le même temps, les garanties de TAMWILCOM reculent. Le financement garanti ne compense pas la hausse du besoin global.
Deuxième constat : les entreprises sont moins nombreuses à être servies. 13.000 opérations en moins en un an. Ce ne sont pas seulement des montants qui disparaissent, ce sont des entreprises qui ne sont plus financées. Chaque opération perdue, c’est un projet reporté, une embauche annulée, un investissement gelé.
Troisième constat : le modèle économique se fragilise. Un Produit Net Bancaire en baisse de 16,4 % et un Résultat Net en chute de 26,1 %, dans une institution dont la mission est de garantir des crédits, signale une pression sur les marges. Moins d’activité, moins de revenus, moins de capacité à absorber le risque.
Quatrième constat : le segment public est sacrifié. Une chute de 60,8 % sur les établissements publics interroge. Est-ce un effet de calendrier, un changement de doctrine, ou un désengagement ? Sans réponse, le doute persiste.
En 2025, TAMWILCOM mobilisait 27,2 milliards de DH, soutenait 46.000 opérations et dégageait 268 millions de DH de résultat net. En 2026, elle mobilise 23,9 milliards de DH, soutient 31.500 opérations et dégage 198 millions de DH.
Moins 3,3 milliards de financements. Moins 14.500 opérations. Moins 70 millions de résultat.
Un seul indicateur progresse : DAAMA TAMWIL, avec +72 %. Mais 400 millions de DH ne pèsent pas face à 3,3 milliards de DH perdus.
Le message est clair. TAMWILCOM n’est pas en crise. Mais elle est en perte de vitesse. Dans une économie qui investit plus mais investit mal, qui s’endette pour financer son déficit et dont le besoin de financement double, le garant public ne peut pas ralentir. Sinon, ce sont les entreprises qui paient. Et derrière les entreprises, l’emploi, l’investissement et la croissance.



